‹ L'évolution de la foi CatholiqueChapitre 128 sur 164 · L'Evangile et l'Eglise, p. 170; 2^^ édit., p. 2i · texte numérisé non relu

L'Evangile et l'Eglise, p. 170; 2^^ édit., p. 2i

2. Autoui^ d'un petit livre, p. 4i, 83, i49, i54- Cf. aussi le Quatrième Évangile, du même auteur. P. 284; 660, etc.

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au chapitre premier Les soiwces é{>angéliques ajouté à la seconde édition de VEi^angile et l'Eglise, Là nous trouvons les affirmations les plus catégoriques : « L'affirmation de la foi s'adresse à la foi et ne relève que du jugement de la foi... A aucun stade de son développement, son objet (de la foi) n'est perceptible, pour l'historien, comme une réalité de fait. Le critique n'a pas à décider si Jésus est ou non le Verbe incarné, s'il préexistait à sa manifestation terrestre, s'il a été consacré Messie dès sa conception, s'il l'a été le jour de son baptême, si l'idée messianique, dans sa forme première et sous ses transformations successives est une vérité. En tant que foi, cette idée s'adresse à la foi, c'est-àdire à l'homme jugeant, avec toute son âme, la valeur de la doctrine religieuse qui lui est offerte. L'historien, comme tel, n'a pas à s'en constituer l'apologiste ni l'adversaire. Il la connaît seulement comme une idée ou une force dont il peut, jusqu'à un certain point, analyser les antécédents, la manifestation centrale et le progrès indéfini, mais dont la raison profonde et la secrète puissance ne sont pas choses qui relèvent de la simple analyse ni de la discussion critique des textes et des faits ^ »

Voilà donc la foi indépendante « de l'analyse et de la discussion critique des textes et des faits ». Sans doute, M. Loisy ajoute : « Les Evangiles seront pour le critique le témoignage éloquent de cette foi vivante, dont la source n'est pas à chercher ailleurs qu'en l'âme de Jésus lui-même^. » Mais, là encore, elle aurait à se légitimer et c'est précisément parce qu'elle prétend se passer de légitimation que nous sommes en plein fidéisme.

LA RENAISSANCE DU « FIDEISME )) ign

Et nous n'en sortons plus. Que répond, en efïet, M. Loisy à la terrible objection : Jésus a annoncé son prochain retour sur les nuées et toute la première génération chrétienne a cru à ce retour immédiat^ ; n'y a t-il pas eu là une flagrante erreur ?

« On ne saurait, dit-il ^, apprécier plus mesquinement un fait qui se présente à l'historien comme la plus grande manifestation de foi qui se soit jamais produite sur la terre. » Ce « sentiment qui ne lui permettait pas de supposer que la vie divine qui était en lui dût s'évanouir avec son dernier souffle », il l'a exprimé « sous le symbole traditionnel de l'espérance israélite ; seule forme vivante » sous laquelle il pût s'exprimer et exprimer aux autres sa persuasion ; donc, « au point de vue de la foi, pour la foi », il ne s'est pas trompé.

Mais enfin, cette persuasion, que valait-elle ?

La réponse ne peut nous laisser d'illusion :

« L'historien, comme tel, ne peut apprécier la valeur objective de cette persuasion ; le chrétien n'en doutera pas, et sans doute on n'est chrétien que si on l'admet^ ».

C'est du plus pur, du plus beau fidéisme. Les explications que Loisy a données dans son dernier ouvrage Autour d'un petit livre sont plus nettes encore, s'il est possible :

« Il est clair que les évangélistes racontent beaucoup moins des incidents particuliers de l'histoire qu'ils n'expriment un sentiment de la conscience chrétienne, dans les

1. Matth., XVI, 28; XXIV, 34; XXVI, 64- — i Cor., XV ; XVF, 22 ; Vri, 3i. — I T/iessa^, IV. — Ayjoc, I, 3; XII, 12; XXII, etc.

2. Lire tout le § III ajouté au chap. m dans la 2^ édition de VEvangile et V Eglise.

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termes qui leur semblent répondre le mieux au fait chrétien. En tous ces témoignages, l'institution divine de l'Église est signifiée par la foi à la foi, beaucoup plus que l'origine de l'Église n'y est décrite par l'histoire et pour elle. La foi à l'institution divine de l'Église se manifeste dans les documents qui attestent la foi au Christ ressuscité ; c'est un témoignage de foi qui présente à la foi le Christ immortel et la volonté du Christ sur l'Église.

« . . La résurrection du Sauveur n'est pas proprement un fait d'ordre historique, comme a été la vie terrestre du Christ, mais un fait d'ordre purement surnaturel suprahistoriqwe, et elle n'est pas démontrable ni démontrée par le seul témoignage de l'histoire, indépendamment du témoignage de foi, dont la force n'est appréciable que pour la foi même^ »

C'est tout le volume qu'il faudrait citer. On y trouvera des formules typiques : « Le Christ est Dieu pour la foi^. » — « Pour la foi, le Christ immortel, qui veut l'Église, veut tout ce qui sert à la conservation de l'Église et de l'Évangile dans l'Église^. » — La théorie ecclésiastique des sept sacrements « peut être une vue de foi, vraie, à sa manière, pour la foi"". »

M. Loisy ne sort pas de là et c'est, de fait, une position inexpugnable. De même qu'au moyen âge on avait cherché à mettre la foi" d'un côté, la philosophie de l'autre ^, Loisy a voulu réaliser ce bel idéal : « la foi libre dans l'histoire

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