‹ L'évolution de la foi CatholiqueChapitre 137 sur 164 · LETTRE DE SAINT AUGUSTIN A GONSENTIUS · texte numérisé non relu

LETTRE DE SAINT AUGUSTIN A GONSENTIUS

(qui lui avait posé plusieurs questions sur la Trinité). (Lettre 120.)

N'^ 2. « Voyez si ce que vous me demandez-là s'accorde avec ce que vous établissez dans la même lettre, comme une maxime constante, que c'est par la foi, plutôt que par la raison, qu'on peut atteindre la vérité. Car, dites-vous, si l'on ne parvenait à la foi de l'Église que par les discussions de la raison et non par une pieuse crédulité, le bonheur éternel ne serait que pour les orateurs et les philosophes. Mais comme celui « qui a choisi ce qu'il y a de plus faible dans le monde, pour confondre tout ce qu'il y a de plus fort, a jugé à propos de faire de la folie de la prédication l'instrument du salut de ceux qui croiraient », il vaut mieux suivre avec soumission Vautorité des saints que de s'attacher à demander la raison (des choses de Dieu). Jugez donc par vos propres paroles si dans une matière comme celle-ci qui fait le principal point de notre foi, il ne vaut pas mieux se contenter de suivre l'autorité des saints que de vouloir que je tâche, à force de raison, de vous en donner l'intelligence. Car quand je me mettrai en devoir de vous élever jusqu'à un certain point à l'intelligence d'un si grand mystère, que ferai-je autre chose que de vous rendre raison, autant que je le pourrai (de ce que la foi, enseigne) ? Si donc vous croyez avoir raison de recourir à moi ou à quelque autre capable de vous introduire, afin d'arriver à comprendre ce que vous voyez, corrigez votre principe, non jusqu'à rejeter la foi, mais jusqu'à reconnaître que vous pouvez voir à la lumière de la raison ce que vous tenez déjà avec une foi ferme.

Car Dieu nous garde de penser qu'il haïsse en nous ce précisé-

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