‹ L'évolution de la foi CatholiqueChapitre 145 sur 164 · I. Raimond de Sebonde · texte numérisé non relu

I. Raimond de Sebonde

MONTAIGNE ET ITUET 227

forces naturelles ez siècles anciens, n'eussent pas lailly, par leur discours, d'arriver à cette cognoissance... Il fault accompaigner notre foy de toute la raison qui est en nous ; mais toujours avecques cette réservation, de n'estimer pas que ce soit de nous qu'elle despende, ny que nos efforts et arguments puissent attaindre à une si supernaturelle et divine science. Si elle n'entre pas chez nous par une infusion extraordinaire ; si elle y entre non seulement par discours, mais par moyens humains, elle n'y est pas en sa dignité ny en sa splendeur.

... De faire la poignée plus grande que le poing, la brassée plus grande que le bras, et d'espérer enjamber plus que l'estendue de nos jambes, cela est impossible et monstrueux; ny que rhomme se montre au dessus de soy et de l'humanité : car il ne peult veoir que de ses yeulx, ny saisir que de ses prinses. Il s'eslèvera, abandonnant et renonceant à ses propres moyens, et se laissant haulser et soublever par les moyens purement célestes. C'est à notre foy chrestienne, non à sa vertu stoïque, de prétendre à cette divine et miraculeuse métamorphose. » ÇEssais, liv. II, chap. XII ; Apolog. de Raymond de Sehonde^.

HuET (1630-172 1). — Sa doctrine^ n'est pas claire : tantôt il semble accorder, tantôt refuser la certitude à la connaissance rationnelle, mais cette « certitude humaine » se réduit à la « vraisemblance et à la probabilité » ; la « certitude parfaite » ne nous est donnée que par la foi.

I. Cf. l'ouvrage de Huet, « De imhecAllitate mentis humanœ )).

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