I Cor., XIV, i3 à
dire à l'intelligence réfléchie qui contrôle rigoureusement les faits, les textes, au point de vue de leur valeur objective ?
Certes je ne prétends pas que l'esprit grec, une fois inoculé à la pensée chrétienne, ait de suite opéré et réalisé toutes ses conséquences. Non ; de même que les Juifs ont vécu d'images et de constructions d'images, nos pères, pendant les premiers siècles du christianisme et du moyen âge, ont vécu d'idées et de constructions d'idées ; on construisait d'admirables systèmes d'idées, la Somme de saint Thomas d'Aquin, par exemple, comme on construisait des cathédrales ; ces systèmes théologiques étaient de véritables œuvres à' art intellectuel ; il y avait toutefois cette différence, c'est que, lorsque l'on édifiait ces cathédrales dogmatiques, on ne savait pas en contrôler la solidité des fondements. La pensée philosophique, très remarquable au moyen âge au point de vue de la lo^ique^ était très pauvre et infirme au point de vue de la critique philosophique et historique, de la méthode scientifique. Mais il est éminemment intéressant de saisir l.e moment précis où la pensée grecque, où la pensée réfléchie fait son entrée dans le monde de la foi. Or la pensée réfléchie, la pensée grecque, y pénètre en même temps que les Grecs font leur entrée dans l'Eglise. Saint Paul nous le dit : « Les Juifs réclament des miracles, les Grecs cherchent la sagesse ^ ». Cette sagesse dont parle l'Apôtre n'est pas celle dont il fait ailleurs un don du Saint- Esprit, c'est la sagesse humaine, c'est la raison encore un peu trop uniquement raisonnante à cette époque, mais qui devait se perfectionner et devenir observatrice et critique.
En somme, il y avait assez déjà d'expressions philosophi-