‹ L'évolution de la foi CatholiqueChapitre 23 sur 164 · I. Sic Réville · texte numérisé non relu

I. Sic Réville

Hébert. 3

sentiment tend à s'exprimer et s'expliquer par des images et des idées. Ajoutons : et à devenir toujours plus intense.

C'est sa vie même. Gomment y arrive-t-il ? Précisément par l'image. Le mythe, c'est comme un miroir dans lequel le sentiment se contemple et en se contemplant et prenant une plus complète et plus nette conscience de lui-même, il se renforce, s'intensifie. C'est ce que l'on ^L^^eWeV auto-suggestion ou la suggestion. Comment cela se fait-il ? On l'ignore, mais cela se fait. C'est comme pour l'évolution : nous n'expliquons pas le fond des choses, mais du moins, nous constatons une loi. Or, précisément, la loi de l'évolution explique admirablement ce qui se passe en pareil cas. L'homme aurait pu rester indéfiniment da.ns le demijour, dans l'obscure clarté du sentiment ; c'est en grande partie parce que l'image, l'idée, étaient utiles pour augmenter et développer le sentiment que la puissance de former ces images et ces idées s'est développée de plus en plus. Voilà pourquoi le croyant retouche toujours à ses mythes, comme le, passionné à l'image qu'il porte dans son cœur, comme l'artiste à l'œuvre qu'il a imaginée.

Quand l'ancien mythe ne sufEt plus, quand l'effet produit sur les consciences s'émousse, on le retouche, on l'embellit.

C'est le côté utilitaire ; mais là aussi, parallèlement, il faut envisager l'aspect idéal-, à mesure que la conscience morale de l'Humanité se perfectionne, elle devient plus exigeante et non seulement elle intensifie, mais elle corrige ses mythes en les rendant de plus en plus moraux; c'est ce que j'ai dit déjà dans le premier chapitre. En résumé, l'idéalisation du mythe a pour but d'obtenir une suggestion plus complète qui augmente la vie du sentiment et par rapport à sa quantité et par rapport à sa qualité.

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