Psaume LXX VIII (LXX VII
DES DIVERS SENS DU MOT FOI So
C'est ce que nous allons constater plus nettement encore dans le Nouveau Testament.
- Nous y retrouvons la foi-confiance renfermant dans sa compréhension la foi-croyance, mais, au point de vue moral, psychologique, la dépassant largement.
Sans doute nous ne possédons point les paroles de Jésus dans leur langue originale, mais il n'est pas un seul critique qui songe à contester l'authenticité de ces formules si familières au Christ : « Fides tua te salvum, te salvam fecit \ » « Ta foi t'a sauvé ! » « Croyez-vous que je puisse vous guérir ? Oui, Seigneur. Qu'il vous soit fait selon votre foi M » (( Je ne suis pas digne que vous veniez chez moi, lui dit le Centurion romain ; de loin, dites un mot et mon serviteur sera guéri... En vérité, je vous le dis, je n'ai jamais rencontré pareille foi en Israël ^. ))
Evidemment, je le répète, la foi-confiance implique ici la foi-croyance en la messianité de Jésus, en son exceptionnelle situation à l'égard de Dieu, en son pouvoir de thaumaturge et de prophète, mais elle la dépasse puisqu'il ne s'agit pas seulement de l'adhésion intellectuelle au dogme abstrait de la messianité ; il s'agit de l'élan de cœur de la pauvre âme humaine vers quelqu'un de meilleur et de plus puissant. Le cœur s'adresse au cœur : « Aie pitié de moi, Seigneur, s'écrie la pauvre Chananéenne, ma fille est cruellement malade. . . » Jésus la traite assez durement en sa qualité d'étrangère : Il n'est pas bon, dit-il, de prendre le pain des enfantsde la famille et de le donner aux chiens ! — C'est vrai,
1. Mallh., IX, 22: Marc, y, 34; Luc, YII, 5o ; VITI, /,8 ; XVIF, 19; XVIII, 42; Marc, X, 52.