Ibid., XI, I
trompe pas. Mais ce quelqu'un peut nous rester absolument indifférent, complètement en dehors de notre vie. Au contraire, si l'on a confiance, confiance tout court, ce n'est plus seulement alors une question d'intelligence, c'est une question de cœur ; et avec le cœur, c'est la volonté et toute la vie qui peuvent être engagées. Se fier, c'est se donner. De là les expressions du Deutèronome : s'attacher à Dieu, adhérer àlui\
C'est cette notion plus profonde de la foi que nous trouvons dans saint Paul et dans le quatrième évangile.
Exposer en détail la théorie de la foi chez saint Paul, ce serait exposer toute la doctrine de la justification et de la grâce. Je me bornerai donc à reproduire l'excellent résumé de Reuss : « La foi, selon saint Paul, est en même temps un acte de l'intelligence ou une conviction, un acte de sentiment ou une confiance, et un acte de la volonté ou une résignation. Ce dernier élément est le plus important des trois, le seul qui donne à la foi sa valeur. C'est par lui que la foi devient le moyen de la justification. En effet, si le moi du pécheur, chargé de la coulpe qui l'exposait au châtiment, vient à s'effacer, à s'anéantir, quant à son existence propre, l'objet de la colère divine disparaît avec lui. Si l'homme ^'identifie avec Christ pour vivre de la volonté et de l'esprit de ce dernier, au lieu de suivre l'impulsion de ses propres affections charnelles, il possédera en lui une force désormais victorieuse contre le péché. Enfin, si Christ est le principe de sa vie et vit en lui, l'homme n'aura plus besoin des préceptes d'une loi placée hors de lui et par cela même inférieure. La triple rédemp-