Deat., XI
tion est accomplie ; la triple servitude de la coulpe, du péché et de la loi a disparu ; l'homme est rentré dans sa position normale vis-à-vis de Dieu et « sa foi lui est imputée à justice ^ ». Écoutons saint Paul lui-même : « Je vis dans la foi du fils de Dieu qui m'a aimé et qui s'est livré lui-même pour moi... J'ai été crucifié avec Christ et si je vis, ce n'est plus moi qui vis, c'est Jésus-Christ qui vit en moi ^ »
La conception mystique éclate surtout dans le quatrième évangile. Ce n'est plus, comme chez Paul, la comparaison du (( corps ^ » mais celle, absolument identique, de la (( vigne*)) qui amène les paroles : a Père, moi en eux et toi en moi, afin qu'ils soient parfaitement un'! » C'est le plus beau de tous les monismes.
Je devrais exposer ici comment la foi, pour le quatrième évangéliste, s'épanouit en « connaissance, Gnôsis )), précisément la connaissance de cette unité, de cette mystique immanence par laquelle nous « demeurons en Dieu et Dieu demeure en nous ^ ». Nous en parlerons en traitant de la Gnose dans le prochain chapitre.
Reportons-nous au sixième chapitre du quatrième évangile, chapitre fort discuté et que chacun a voulu tirer à soi. Les uns ont prétendu que l'auteur n'y parlait que de l'eucharistie, les autres que de la foi ; de nos jours, les luttes étant moins vives et l'impartialité plus grande, on est arrivé à constater que ces deux opinions ne péchaient que
1. Rom., IV, 5. — Reuss, lîisloire de la théologie chrétienne aux temps apostoliques, t. II, p. 127.