‹ L'évolution de la foi CatholiqueChapitre 36 sur 164 · Paris, Félix Alcan · texte numérisé non relu

Paris, Félix Alcan

PASSAGE DE LA FOI INDIVIDUELLE A LA FOI ECCLÉSIASTIQUE 5l

de leurs maladies ». A leur faiblesse physique « correspond une faiblesse morale particulière qui empêche l'individu de réunir et de coordonner ses états psychologiques^ de s'adapter au monde changeant. Sa personnalité, mal cimentée, risque à chaque instant de se désagréger, de se perdre en une confusion de sensations variables, d'images incohérentes, de désirs contradictoires, d'idées désordonnées. Et comme il vit néanmoins d'une vie presque purement intérieure, une tendance ne tarde pas à se développer au détriment de tout le reste, la tendance à l'unité, une question à primer toutes les autres, la question de la délivrance^ )).

C'est ce défaut de « synthèse mentale », par suite de ce sentiment d'unité et d'identité du moi qui constitue la personnalité normale, que le D"^ Pierre Janet signale, lui aussi, à des degrés et sous des formes diverses, chez les « psychasthéniques" )). Il nomme ainsi les individus si nombreux chez lesquels la « tension psychologique » est insutfîsante. Même les gens les mieux équilibrés ont quelque point où ils doivent avouer leur faiblesse psychique : un homme d'ailleurs énergique peut avoir peur du tonnerre ; un savant très fidèle aux méthodes positives peut conserver des superstitions. Les cas sont nombreux où le « voltage » de la force psychique est insuffisant pour que se produise ce centre principal de conscience qui nous permet de dire : moi, et de contrôler, de diriger les incessantes associations d'images, d'idées, de sentiments, d'impulsions, qui constituent notre vie intérieure. De ce manque de direction résultent les obsessions, les scrupules, l'aboulie, la rumination mentale, les tics, surexcitations, etc., et, comme consé-

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