Varron vivait un siècle avant notre ère
des philosophes; celle enfin des cérémonies publiques, c'est celle du peuple.
Ce terme passa dans le langage chrétien. Il désigna, comme nous le verrons plus loin, l'efTort de l'intelligence pour comprendre la foi et le résultat de cet effort, h savoir l'ensemble des dogmes chrétiens organisé méthodiquement, c'est-à-dire de telle sorte qu'ils s'expliquent les uns par les autres, les uns servant de principes, les autres de conclusions. On obtenait ainsi une « science fondée sur des principes révélés » ; de même, disait-on, que l'arpenteur reçoit ses principes du géomètre et en tire des conséquences, de même nous recevons de la science supérieure de Dieu des principes dont nous tirons les conclusions \
Bien entendu, le mot science n'a pas, chez les auteurs ecclésiastiques, le sens qu'il possède de nos jours. Aujourd'hui, il signifie la connaissance des phénomènes et de leurs rapports. Autrefois, chez les auteurs ecclésiastiques comme chez les Romains et chez les Grecs, cette connaissance expérimentale des choses, la plupart du temps acquise par les sens, était tenue en médiocre estime ; les connaissances dues aux sensations étaient considérées comme plus ou moins douteuses ; méritaient seules le nom de science et étaient regardées comme seules certaines^ les connaissances que l'on croyait tirées de principes intellectuels fournis par la raison ou de vérités mystérieuses fournies par la révélation. Un théologien et un savant de nos jours ne prennent donc pas le mot science dans le même sens ; àe là les interminables discussions sur la faillite ou la nonfaillite de la science, sur l'existence ou la non-possi-
I. Somme théologique de saint Thomas d'Aquin, partie I, question I, articles 2 et 8,