‹ L'évolution de la foi CatholiqueChapitre 45 sur 164 · I. Milieu du second siècle · texte numérisé non relu

I. Milieu du second siècle

Tertullien, se plairont à développer et à présenter au paganisme comme un de leurs arguments décisifs. »

Oui, mais, remarquons-le avec soin, ledit argument consiste à montrer, non à démontrer. On montre la beauté, l'incomparable valeur morale, la transcendance pratique du christianisme, mais cela ne se peut mettre en véritable svllogisme. Cette monstration de la bonté de l'arbre par celle de ses fruits, tout évangélique, conserve sa valeur, étant donné même que la vie chrétienne n'est pas le dernier mot des choses et que nous nous dirigeons vers une conception de la vie plus saine et plus efficace encore.

C. — En troisième lieu, les Pères ont employé ce que l'on appelle de nos jours la méthode subjectwe, la méthode à^ immanence, l'appel au cœur, à la conscience, l'affirmation de la nécessité d'une préparation morale : « Tu m'objectes, dit saint Théophile d'Antioche (fin du ii* siècle) au païen Autolycus, tu m'objectes : montre-moi ton Dieu. Je te répondrai : montre-moi (ton homme et je te montrerai mon Dieu) ce que tu es comme homme et je te montrerai ce qu'est mon Dieu. Oui, fais voir si les yeux de ton esprit voient, si les oreilles de ton cœur entendent. Si les aveugles ne voient pas, que les aveugles s'en prennent à leurs yeux ; il ne s'ensuit point que la lumière ne brille pas. Il faut que l'âme de l'homme soit pure comme un miroir poli. Montre-moi donc si tii es adultère, violent, etc., car Dieu ne se montre pas à ces géns-là, s'ils ne se purifient d'abord de toute tache*. »

Mais ce n'est pas seulement la nécessité des dispositions morales, c'est une sorte d'innéité que nous trouvons affirmée par Tertullien :

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