I. Livre I, no
Hébert. 5
« Voulez-vous, dit-il aux païens, que nous prouvions l'existence de Dieu par le témoignage même de l'âme qui, malgré la prison du corps, malgré les préjugés et la mauvaise éducation, malgré la tyrannie des passions, l'esclavage des faux dieux, lorsqu'elle se réveille comme de l'ivresse ou d'un profond sommeil, lorsqu'elle recouvre pour ainsi dire la santé, invoque Dieu sous le seul nom qui lui convienne : « Grand Dieu ! Bon Dieu ! Ce qui plaira à (( Dieu ! » Ce langage est dans la bouche de tout le monde. Elle reconnaît aussi Dieu pour juge par ces paroles : « Dieu (( le voit ; je mets ma confiance en Dieu ; Dieu me le rendra. )) 0 témoignage de l'âme naturellement chrétienne! Et en disant cela, elle ne regarde pas le Capitole, mais le ciel ; elle sait que c'est là que Dieu a son palais et que c'est de là qu'elle-même tire son originel ))
Voilà ce que Tertullien a développé admirablement dans le traité « du témoignage de l'âme » où il a seulement le tort (qu'auront de nos jours les partisans de la méthode de l'immanence) de vouloir retrouver innées dans l'âme, naturelles à l'âme, toutes les croyances, même celle aux démons^.
Là encore, on constate, on montre des croyances instinctives, innées, on ne les démontre pas.
D. — Nous trouvons, au contraire, quelques essais de démonstration proprement dite, d'argumentation rationnelle, de « raison théologique » dans les ouvrages des Pères.
Par exemple, c'est Tatien qui s'appuie sur le dogme de la création pour en conclure à la possibilité de la résurrection : celui qui a pu vous donner la vie peut bien vous la