Matth., XI, 25 à 3o. Luc, X
au a fournisse ses titres, qu'il prouve qu'il est réellement - le Messie, et cela « par des signes et des prodiges ». Pour lui, personnellement, il n'y a ou plutôt il n'y aura qu'un signe : le retour glorieux sur les nuées du ciel, et c'est ce qui explique sa réponse : « Cette génération méchante et adultère (infidèle à son Dieu) réclame un signe; en vérité, je vous le dis, elle n'en aura pas. » Tel est le plus ancien texte, de Marc \ Jésus dut répéter souvent cette protestation, car nous la trouvons deux fois dans Matthieu, avec cette addition : « Si ce n'est le signe de Jonas le prophète^. » Matthieu, une fois du moins, interprète cette parole de la résurrection, mais c'est là une interprétation trouvée après coup ; le vrai sens est fourni par Luc ^ : le signe, c'est Jonas lui-même et s^ ^véàic2ii\on de pénitence. Il en est de même pour Jésus qui, en attendant sa vraie et définitive fonction de Messie, remplit une fonction provisoire uniquement morale, prêchant la pénitence, la pratique de la justice et de l'amour comme préparation au royaume de Dieu. Or pour cette prédication, il n'a que faire de miracles : sa merveilleuse conscience agit sur les consciences, les réveille, les instruit; elles acceptent ou rejettent le message divin selon leurs dispositions morales et non d'après leurs constructions intellectuelles.
Il y a toutefois ici un juste milieu à tenir. Jésus n'argumente pas, il n'est ni dialecticien, ni métaphysicien, ni théologien ; d'autre part ce serait une exagération de faire de lui un simple èveilleur de consciences comme Socrate. Son intervention est autrement active. Socrate vous aide,