‹ L'évolution de la foi CatholiqueChapitre 51 sur 164 · Matth., XI, I à · texte numérisé non relu

Matth., XI, I à

2. hdie^ XXXV et LXI. Cf. Luc, IV, 18 à 22, bien slg^nificatif même si non historique.

pas à la Logique, c'est vrai; il n'entre que de force dans les catégories intellectuelles, c'est vrai ; mais nous dirions la même chose du sentiment moral et du sentiment esthétique. Tous ces sentiments [tous, notons-le bien et gardonsnous d'accorder pour l'un ce que nous refuserions pour l'autre), tous ces sentiments qui composent la vie vraiment humaine et digne d'être vécue, tous possèdent leur certitude, non dans des arguments extrinsèques, mais « dans le consentement de soi-même à soi-même », comme Pascal l'a si bien dit. C'est cette foi naturelle à la conscience qui survit à la décadence et à la ruine des dogmes ecclésiastiques, et qui ne disparaîtra jamais, sous une forme ou sous une autre, de l'Humanité.

Les rapports de la raison et de la foi d'après les Pères.

On peut distinguer trois attitudes des premiers écrivains chrétiens ^ relativement à la philosophie :

i** Une abstention toute négative ; celle, par exemple, de l'Auteur de la « Didachè », ouvrage, nous l'avons vu, tout moral et qui ne s'inquiète pas plus de philosophie que d'hérésie. La même attitude, nous la retrouvons dans les divers ouvrages qui, plus ou moins, dépendent de la « Didachè » : la Discipline des Apôtres, le VIP Li^^re des Consti^ tutions apostoliques, la « Didascalie », VEpître de saint Barnabe, etc., dans le « Pasteur » d'Hermas, les épîtres de saint Ignace et de saint Polycarpe, etc., le tout antérieur

I. Cf. Note II sur les textes si souvent cités par les Pères : « fides argumentum non apparentium, rationabile obsequium. »

à l'an i5o. C'est la vieille et primitive inspiration chrétienne : le royaume de Dieu est à ceux qui font, non à ceux qui disent', il est dans les actes, non dans les théories \

2° Il y a, en second lieu, l'abstention positwe, fondée sur le mépris ou du moins sur la croyance à l'inutilité de la philosophie en matière religieuse. Ce sera l'attitude d'un Pascal, d'un Huet et de la plupart de ceux que l'on appelle fidéis tes [nous aurons occasion de les étudier plus tard). Ce fut, dès le second siècle, celle de Tatien. « L'Apologie a aux Grecs » de Tatien forme avec celles de saint Justin, son maître, malgré plus d'un point de contact, un frappant contraste. Justin était plein de respect pour les penseurs et les poètes de la Grèce; Tatien montre, au contraire, une raideur, une partialité, qui vont jusqu'à la passion ; il ne veut voir aucun des bons côtés de la culture hellénique ; toutes les vulgaires calomnies qui courent contre les philosophes grecs, il les répète sans examen ; autant il entraîne par la chaleur du discours et la force de la conviction, autant il repousse par l'amertume de l'attaque et le manque complet de mesure ^ »

Hermias, qui vivait sans doute à la fin du ii^ siècle, alla plus loin. Il composa une « Satire des philosophes profanes » qui, en dix chapitres, « expose à la risée les doctrines contradictoires, destructives les unes des autres, des philosophes grecs sur l'âme du monde (ch. i et ii) et sur les principes des choses (ch. m à x) : « Tantôt je suis immortel et je me « réjouis, tantôt je deviens mortel et je pleure. Un jour, je « me résous en atomes et je deviens eau, je deviens air, je

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