Des prescriptions, § VII, YIll
besoin de curiosité après Jésus-Christ, ni de recherches après l'Evangile\ »
Mais le contexte prouve bien qu il s'agit principalement de l'abus et non de l'usage de la philosophie. Tertullien a surtout en vue les Gnostiques, qui absorbaient la vérité chrétienne dans leurs rêveries philosophiques, prétendaient résoudre les questions qui demeurent en réalité profondément mystérieuses pour l'esprit humain, et remplaçaient par leurs rêveries personnelles l'enseignement traditionnel du Christ. Il n'a pas manqué de tourner lui-même contre eux^ les armes fournies par la raison philosophique.
C'est dans un de ces traités contre les gnostiques Marcion, Apelles, Valentin et Alexandre, qui niaient la réalité et la nature humaine de la chair du Sauveur, que nous trouvons un des paradoxes les plus célèbres de l'âpre et passionné africain^ non pas tout à fait : credo quia ahsurdum, comme on le cite souvent, mais « credibile, quia ineptum », paroles qui ne peuvent être comprises que remises en place dans leur contexte. Tertullien, à Marcion qui trouve indigne d'un Dieu d'avoir eu un corps réel, une naissance réelle, objecte la mort réelle du Christ. « En effet, des deux quel est le plus indigne, le plus honteux, naître ou mourir? Porter un corps ou une croix?... Ne crois pas non plus cela, alors, pour être encore plus sage. Mais tu ne seras sage que si, insensé aux yeux du monde, tu crois les sottises de Dieu... Si le Christ n'a pas vraiment souffert, il n'a rien souffert. Epargne, Marcion, l'unique espérance que l'on ait ici-bas! Et pourquoi détruis-tu l'inconvenance