Apologétique, XLVI
2. Contre Marcion ; De Vâme ; De la chair du Christ ; De la résurrection de la chair.
nécessaire des choses de la foi? Tout ce qui est indigne de Dieu m'est convenable à moi. Je suis sauvé si je ne rougis pas de mon maître. Celui qui rougira de moi, dit-il, je rougirai de lui. Le fils de Dieu est (réellement, humainement) né; je n'en ai pas honte (précisément) parce que c'est honteux; le fils de Dieu est mort, c'est croyable, précisément parce que c'est inepte; il a été enseveli et ressuscité, c'est certain, puisque c'est impossible \ »
Je ne prétends pas que de pareilles formules soient à louer ni à imiter, mais elles sont faciles à expliquer, d'une part lorsqu'on se rappelle la nature de feu, toujours portée à l'extrême, la fougue intransigeante et quelque peu sauvage du grand polémiste, d'autre part lorsqu'on sait que ses adversaires connaissaient les Ecritures et ne voyaient là qu'un commentaire encore exagéré d'un éloquent paradoxe de saint Paul : « Les Juifs demandent des miracles et les Grecs cherchent la sagesse : nous, nous prêchons Jésus crucifié, scandale pour les Juifs et folie pour les païens, mais puissance de Dieu et sagesse de Dieu pour ceux qui sont appelés, tant Juifs que Grecs. Car la folie de Dieu est plus sage que les hommes et la faiblesse de Dieu est plus forte que les hommes^. » Evidemment il s'agit de ce qui est faible et fou aux yeux des sages orgueilleux du monde ; de même dans le texte de Tertullien.
3° Enfin, il y eut l'attitude des Justin, des Clément d'Alexandrie et de tant d'autres, chez lesquels ce ne fut pas la gnose, la philosophie qui absorba et s'assimila la foi, mais la foi qui s'assimila la gnose. De telle sorte qu'ils ne