I. Stromates, V
8o l'évolution de la foi catholique
(( Les philosophes grecs peuvent être considérés comme des voleurs et des larrons ^ en ce que, ayant pris aux prophètes hébreux avant la venue du Sauveur quelques fragments de vérité, ils se les sont attribués comme des inventions qui leur étaient propres et les ont altérés par des raisonnements sophistiques. Mais ils ont aussi trouvé par eux-mêmes quelques vérités, car il n'est pas invraisemblable qu'ils aient reçu, eux aussi, Tesprit d'intelligence dont parle l'Ecriture quand elle dit : adresse-toi à tous les sages que j'ai remplis de mon esprit d'intelligence [Ex, 28, 3)^ »
Mais si nous considérons, non plus les représentants historiques de la philosophie, mais la philosophie elle-même, c'est-à-dire, l'intelligence, la raison, nous verrons Clément d'Alexandrie lui accorder pleine valeur^ puisque: i*^ c'est elle qui nous conduit à la foi\ 2"" c'est elle qui nous fait passer de la foi à la gnose.
« La philosophie, si elle ne peut embrasser toute l'étendue de la vérité, si elle ne peut donner la force d'observer la loi du Seigneur, ne laisse pas que de préparer l'âme à l'enseignement royal, en corrigeant de son mieux le vice par la formation du sens moral et en disposant à la réception de la vérité par le sentiment de la Providence : de même que Dieu a voulu procurer le salut des Juifs en leur donnant des prophètes, ainsi il a suscité des prophètes parmi les plus distingués d'entre les Grecs et les a séparés du vulgaire dans la mesure où ils étaient capables de comprendre la bien-