‹ L'évolution de la foi CatholiqueChapitre 61 sur 164 · Chap. III · texte numérisé non relu

Chap. III

fiance en Dieu plutôt que dans les secours humains, confiance qui sera récompensée par la délivrance des ennemis et la vie d'ici-bas, tandis que « ceux qui abandonnent l'Eternel périront » (I, 17).

Comme il arrive si souvent, le texte n'est donc ici qu'un prétexte, un moyen, une méthode qu'emploie Vidée çwante dans l'imagination pour prendre conscience d'elle-même, se formuler, s'imposer.

Quelle est donc au juste l'idée d'Augustin? Que la foi précède l'intelligence en ce sens que la foi soit un sentiment absolument aveugle ? Ce n'est pas sa pensée.

Augustin distingue très nettement le cas où il faut d'abord comprendre avant de croire, celui où nous devons, d'abord croire si nous voulons comprendre ^ Et il ajoute qu'il y a un double progrès à réaliser : de l'intelligence à la foi et de la foi à l'intelligence. D'abord, si l'on ne comprenait point par l'intelligence les termes mêmes des dogmes, les images, les idées, grâce auxquelles ils sont formulés, il serait impossible de comprendre ces dogmes^. De plus — et c'est là le point important — il faut par l'intelligence comprendre que l'on doit croire ; de là sa fameuse définition : « Croire, c'est donner son assentiment à une pensée (à quelque chose qui a été d'abord pensé) ^. » C'est « à nous », à notre intelligence, (c de considérer à quels hommes et à quels libres nous devons Croire ». « En suivant l'autorité on ne laisse pas de

1. « Alia sunt quœ nlsi intelligamus, non credimus et alia quae j^isi credamus, non intellig^imus... Profîcit erg^o noster intellectus ad intellig-enda quœ credat et fides profîcit ad credenda quœ intellig^at. » Enarr. in ps. 118 ; Serm. 18, 3.

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