‹ L'évolution de la foi CatholiqueChapitre 62 sur 164 · De trlnitate, VIII · texte numérisé non relu

De trlnitate, VIII

3. « Nullus quippe crédit aliquid nisl prius cog^itaverit esse credendum. Ipsum credere niliil aliud est quam cum assensione cogitare. » De prœdestinatlone sanctorum, 2, 5. — De vera religione, chap. xxiv.

suivre en quelque manière la raison, lorsque l'on considère àquixX faut croire \ » Est-ce donc déjà la critique moderne? Nous verrons bientôt que non. Constatons seulement que, sans le moindre doute, Augustin a reconnu que « l'usage de la raison précède la foi », comme on renseignera plus tard. Mais il l'a limitée à cette fonction : constater l'existence d'une autorité. Une fois cette autorité acceptée, bien plus par sentiment, par instinct, que par intelligence proprement dite, commence une nouvelle phase où, éclairée par la lumière d'en haut, l'intelligence peut juger « des choses divines et invisibles^ ». En ce sens l'intelligence suit la foi. C'est la même manière de voir que Clément d'Alexandrie. De là sa belle réponse à Consentius^ qui n'attachait d'importance qu'à la foi : « Dieu nous garde de penser qu'il haïsse en nous ce précisément par quoi il nous a élevés au-dessus des autres animaux. A Dieu ne plaise que croire nous empêche de chercher et trouver la raison de ce que nous croyons, puisque nous ne pourrions pas même croire, si nous n'étions capables de raison... De toute votre âme aimez à comprendre (ce intellectum valdè ama »), puisque ces mêmes Ecritures saintes qui nous conseillent de croire à ces grandes choses avant de les comprendre, si vous ne les compreniez pas (elles-mêmes) ne sauraient vous être utiles '*. »

B. — Les motifs de la foi d'après saint Augustin. — Allons-nous trouver dans saint Augustin un traité de la craie religion analogue à nos traités modernes, c'est-àdire avec une part plus ou moins grande faite à la critique'^

1. De vera religione, cliap. xxv. Voir aussi la Lettre à Consentias, n" 2,

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