‹ L'évolution de la foi CatholiqueChapitre 63 sur 164 · Lettre à Consentius, n°^ 2 et i · texte numérisé non relu

Lettre à Consentius, n°^ 2 et i

En aucune manière. Sans doute, Augustin s'appuie sur les prophéties surtout, quelquefois sur les miracles, principalement sur celui de la conversion du monde, mais à ses yeux, le vrai argument n'a rien d'abstrait; c'est un argument i^içant, à savoir que notre intelligence et notre cœur nous portent, à chercher en dehors de nous une autorité enseignante que de fait nous trouvons, un peu comme la faim nous pousse à chercher au dehors le pain que de fait nous rencontrons.

Sans doute, Augustin nous renvoie aux Livres Saints comme à des livres absolument dignes de notre créance a veracissimis libris », mais le « Canon des Saintes Ecritures )) dont il parle quelques lignes plus loin ^ prouve bien qu'il considère les Ecritures en tant qii'elles nous sont offertes et imposées par l'Eglise, ce qui est d'ailleurs audessus de tout doute dans le passage classique adressé au Manichéen : « Je ne croirais pas à l'Evangile si l'autor'ité de l'Eglise catholique ne m'y déterminait pas... Tu t'en tiens à l'Evangile, moi aussi, mais ceux-là mêmes qui m'ont ordonné de croire à l'Évangile, m'ont ordonné de ne pas te croire. Et si, par aventure, tu trouvais dans l'Evangile quelque chose de favorable au manichéisme, tu anéantirais l'autorité des catholiques, mais du même coup, celle de l'Evangile, puisque c'est par eux que j'y ai cru ; tu n'en peux donc rien tirer qui me touche^. »

Augustin tombe-t-il donc ainsi dans un cercle vicieux: appuyer l'autorité de l'Ecriture sur l'Eglise et celle de l'Eglise sur l'Ecriture ? En aucune manière. Sans doute, il appuie l'autorité des Livres Saints sur celle de l'Eglise, mais pas

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