‹ L'évolution de la foi CatholiqueChapitre 64 sur 164 · Contra epistolam Manichaei, chap. v · texte numérisé non relu

Contra epistolam Manichaei, chap. v

celle de l'Eglise sur les Livres Saints. Sur quoi donc la fait-il reposer ?

1° Sur cette constatation: nécessité universelle de Tautorité, loi universelle de la croyance : « Dans les choses d'ordre inférieur, dit-il, personne ne doute de l'utilité (de l'autorité et de la foi), par exemple, dans l'exercice du commerce, de l'agriculture, du mariage, de l'éducation des enfants et l'administration de la famille ; à plus forte raison quand il s'agit de la religion \ » Et saint Augustin distingue avec soin « croyant » de « crédule » ; et remarque que (( s'il fallait tout démontrer^ il n'y aurait plus d'amitié possible », l'amitié supposant, elle aussi, la confiance, la foi^.

1^ Sur un acte de confiance en la Providence: « Si la Providence ne préside pas aux choses humaines, il n'y a plus à s'occuper de religion. Si, au contraire, les merveilles que nous voyons et je ne sais quel sentiment intérieur de la conscience, avertissent les hommes, soit publiquement, soit en secret, de chercher et de servir Dieu, on ne doit pas douter que ce même Dieu n'ait établi une autorité qui nous serve comme d'appui et de degré pour nous élever avec assurance jusqu'à lui^. » Or, cette autorité se présente à nous revêtue d'un prestige qui ne nous permet pas de la confondre avec aucune autre : prophéties, miracles, grand nombre des croyants ; c'est l'Eglise catholique.

Quelle est la valeur de cet argument ? Laissant ici de côté la question des miracles, il suffit de réfléchir à ce qu'Augustin appelait la « multitude » des croyants* pour comprendre

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