LA FOI CHEZ LES THEOLOGIENS SCOLASTIQUES
lastique ; il faut, pour satisfaire à une classification abstraite qu'il en soit ainsi, donc il en est ainsi. Cela n'empêche pas que quatre lignes plus haut, le Docteur angélique respecte davantage la psychologie, sa propre psychologie d'ailleurs, en disant: « Croire est un acte de Tintelligence, en tant qu'elle est menée à l'assentiment par la volonté. Un acte de cette sorte procède donc delà volonté et de l'intelligence \ » C'est la volonté qui a meut )) l'intelligence, car c'est elle qui « commande », excitée, aidée, bien entendu, par la grâce divine^. Il en résulte précisément que l'acte de foi est libre, donc méritoire^. Nous n'y contredisons pas; nous remarquons seulement que si c'est la volonté qui « meut » l'intelligence, qui lui « inspire » l'assentiment, la liberté, le mérite ne saurait être dans cet assentiment déterminé parla volonté, mais dans l'acte de volonté lui-même, dans le (( mouvement » communiqué, dans 1' « ordre » donné ; la foi n'est donc libre que par cela même (\uelle est acte de volonté. Question de mots et de formules, dira-t-on. Puisque l'intelligence et la volonté jouent toutes deux un rôle dans la foi, qu'importe de définir la foi en fonction de l'une ou en fonction de l'autre ?
Non, ce n'est pas une simple question de mots. Précisons: Un dogme peut être appelé ^rai en deux sens : dans le sens que l'intelligence donne ordinairement au mot vérité (vérité historique, scientifique, vérité objective) ; ou dans le sens non plus intellectualiste, mais pratique. Une fable est f^rrtzepar la morale qui en découle ; un dogme est vrai en
1. lia, Ilae^ q. IV, a. IL Cf. I^ Il^e, q. LVI, a. III j 11% Il^e, q. I, a. IV; q. II, a. I, ad 3 ; a. II; q. IV, a. I, coip. ; q. V, a. II; q. X, a. II, etc.
2. lia, Ilae^ q. H^ a. IX, in corp. ; q. II, ad 3 ; q. VI, ad. I.