Ilae^ q. n, a. IX; 111% q. Vil, a. III, ad
Hébert. 7
gS L ÉVOLUTION DE LA. FOI CATHOLIQUE
ce sens qu'il est et dans la mesure où il est ^^zV^^a/^/, vivifiant parce qu'il suggestionne favorablement, efficacement les aspirations et tendances de la volonté \ leur permet de prendre une conscience de plus en plus nette d'elles-mêmes, de se pénétrer d'émotion, de joie, de vigueur, de centupler ainsi leur énergie. Exemple : le dogme de Jésus mort pour nous sur la croix peut être faux objectwement en ce sens qu'il n'y a pas eu réellement, historiquement, une seconde personne de la Trinité incarnée, crucifiée, et rester vrai pratiquement, idéalement, vrai au point de vue non de l'intelligence, mais de la volonté, en ce sens que la représentation du Christ mourant sur la croix nous rend sensible au cœur, profondément touchante et enthousiasmante la tendance altruiste au sacrifice, par elle-même si répugnante à la nature.
Or l'Église a toujours revendiqué pour ses dogmes (et revendique encore ; nous venons de le voir par les condamnations de A. Sabatier et de Loisy) une vérité objective et non ^xvci^X^mÇiWl pratique et symboliste. Et elle ne peut faire autrement, car elle se donne non pas seulement comme une institution providentielle répondant naturellement au v pius afFectus » dont parlent Augustin et tous les théologiens après lui, mais comme une institution surnaturelle, conduisant l'homme à une fin surnaturelle^, munie d'une autorité surnaturelle, laquelle autorité doit fournir des titres surnaturels en bonne et due forme objective. Elle ne peut donc admettre et de fait n'admettra jamais que la méthode intellectualiste objective. C'est l'impasse où nous la voyons aujour-
1. Volonté, dans le sens scolastique, c'est l'ensemble des inclinations supérieures bien plutôt que ce que nous appelons libre arbitre.