LA FOI CHEZ LES THÉOLOGIENS SGOLASTIQUES QQ
d'hui, la science la délogeant chaque jour de quelque nou- ' velle position dans l'ordre objectif scientifique ou historique. Si le Docteur angélique l'avait voulu, il aurait pu construire une théorie de la foi en fonction de la volonté au lieu de la construire en fonction de l'intelligence. N'admetil pas, en effet, que si la volonté meut l'intelligence vers tel ou tel assentiment, c'est qu'elle est attirée ^ei's le hien^? Voilà donc admis, sur ce point du moins, un « primat » de la volonté, des désirs, aspirations et espérances ^. Sera préféré " par la volonté, donc accepté par l'intelligence, sera vrai (d'une vérité morale et pratique), tout ce qui favorisera les tendances foncières de l'âme.
Saint Thomas a préféré construire une théorie intelleciualisle, non pas seulement parce qu'il voulut ainsi rester fidèle à l'enseignement de l'Église qui a toujours enseigné la vérité objective de ses dogmes, mais parce qu'il ne croyait point, de la même manière que les modernes, "aw primat des tendances sur l'intelligence. « On ne désire (pie ce que Von connaît » ; c'était alors un axiome^. La tendance, la volonté vient donc aider, parachever l'intelligence, ne la devance pas. Or cet axiome n'est vrai que s'il s'agit d'un désir nettement et distinctement conscient : je ne puis désirer une orange sans savoir ce que c'est qu'une orange et me représenter une orange. Mais : i° il n'en est plus de même lorsqu'il s'agit de choses de l'ordre idéal que l'on ne peut se représenter qu'en leur créant wuq forme dans l'imagination. Les représentations sont alors œuvres de la tendance qui les trouve vraies dans la mesure où elle se retrouve en elles.