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C'est ce qui a fait la mérité des mythes de Minerve, de Bacchus. Et Loisy reconnaît que les dogmes chrétiens sont, eux aussi, des « constructions w^ de la croyance.
2° Le fameux axiome suppose qu'il n'y a pas de tendances inconscientes; or aucun psychologue ni physiologiste n'oserait maintenant le prétendre. Je puis longtemps souffrir d'un malaise intérieur, sans me rendre compte que c'est un fruit que mes nerfs, mon organisme désirent. C'est bien le cas de ce a pius afFectus », de cette tendance au parfait, au mieux, du moins, qui nous tourmente^; nous Vobjectiç^ons et intellectualisons en un Etre divin, et c'est parce que le Père céleste de l'Évangile ou le Jésus de la théologie répondent davantage à notre tendance vers le mieux, à notre soif d'idéal, que nous les préférons aux dieux antiques. C'est parce qu'il répond à un sentiment souvent très obscur en lui-même de justice, que nous préférons la théorie socialiste à toute autre conception économique.
Voilà pourquoi, dans les discussions de cette nature, les arguments mis en avant peuvent être misérables, les faits controuvés, les textes tronqués ; le vrai argument est dans la volonté^, dans la tendance, non dans l'intelligence. C'est à la tendance que nous croyons, que nous cédons, et non à l'argument. Et il n'est plus difficile de comprendre la méthode préconisée par un Pascal : (( Travaillez donc non pas h vous convaincre par l'augmentation des preuves, mais par la diminution de vos passions. » Que nous voilà loin d'une foi qui se démontrerait geometrico modo !
1. D'autant que, comme tout héritag^e mental atavique, elle apparaît d'abord et agit confusément, sourdement.
2. Nous retrouverons plus loin cette manière d'envisager la question. Cf. chap. XI, § 2, théoine de Blondel.