LA FOI CHEZ LES THÉOLOGIENS SCOLASTIQUES IO
une certitude scientifique et qu'elle implique l'intervention d'éléments qui ne ressortissent à aucun chapitre de la Logique.
En effet, non seulement, il y a l'intervention de la grâce divine dont nous n'avons point h sonder ici le mystère ; même en restant sur le terrain psychologique, nous sommes en face d'une intervention de la volonté qui n'a pas sa raison suffisante dans les motifs de crédibilité, mais dans une disposition particulière que, depuis le Concile d'Orange, les théologiens appellent un sentiment pieux, une pieuse inclination : a Pins affectas », « pia affectio », « pins credulitatis affectus », « çoluntas pia credendi. »
Or, c'est inclinée par cette pieuse affection, que la volonté commande à l'intelligence l'assentiment ferme, la foi.
Le Concile d'Orange affirmait simplement que 1' « affectus credulitatis », le sentiment de confiance « par lequel nous croyons, nous vient de la grâce, de l'inspiration de l'Esprit- Saint qui corrige notre volonté (et la fait passer) de l'incrédulité à la foi, de l'impiété à la piété » ; il faut avouer que les théologiens n'ont pas sensiblement avancé la question. Ils se bornent, comme Suarez^ à remarquer que la « pia affectio » est une qualité, une vertu qui pousse en sa vraie direction notre intelligence à rendre hommage h Dieu et à se laisser captiver par lui ; que cette vertu n'est pas celle d'obéissance, de religion, de zèle pour la connaissance, ni une vertu théologique, mais une vertu morale spéciale qui nous aide à vaincre la difficulté de croire. Tout cela n'est qu'une amplification, non une explication. Toujours est-il que les théologiens semblent bien mettre la confiance en la Providence d'un côté, le « pius affectus » de l'autre.