‹ L'évolution de la foi CatholiqueChapitre 77 sur 164 · I. De FidCf disp. VII^ sect. II · texte numérisé non relu

I. De FidCf disp. VII^ sect. II

Un théologien de Saint-Sulpice, M. Brugère, nous semble avoir réalisé un progrès réel en faisant observer^ que le (( pius affectus » n'est autre chose que cette confiance même en la Providence, qui fait que nous attendons d'elle une réponse à nos besoins d'âme, que nous la cherchons d'instinct autour de nous, et que nous ne pouvons pas ne point la voir dans cette religion catholique, sinon, « évidemment croyable », du moins, comme le disait Suarez^, « évidemment plus croyable que toute autre », et tellement plus croyable que nous aurions le droit de nous écrier avec Hugues de Saint-Victor : a Si nous nous trompons. Seigneur, c'est toi-même qui en es cause et qui nous trompes ! » Croire à la foi chrétienne et catholique, c'est donc, comme le voulait déjà saint Augustin, croire à la Providence.

Le (.(. pius affectus », dès lors, n'est plus « aveugle », il se justifie devant l'intelligence, puisqu'il n'est qu'une des dispositions, un des sentiments que font naître en nous l'idée de Dieu.

On répondra peut-être que ce n'est pas l'idée philosophique de Dieu qui engendre le sentiment, mais que c'est d'après le sentiment que nous construisons l'idée ou plutôt l'image divine. Au fond, les deux sont vrais, le sentiment influant sur l'image et l'image sur le sentiment, mais le sentiment, provenant de la tendance obscure, est incontestablement la réalité psychologique primitive et voilà pourquoi, nous le disions tout à l'heure, paj- ce qu'elle a de plus intime et de plus essentiel, la foi échappe aux méthodes

1. De vera religlone. Paris, Jouby, 1873; appendice IX et n'^s 38^ 3g. L'ouvrage de Brugère est très remarquable au point de \ue psychologique.

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