‹ L'évolution de la foi CatholiqueChapitre 9 sur 164 · LE SENTIMENT RELIGIEUX SOUS FORME DE THEOLOGIE I I · texte numérisé non relu

LE SENTIMENT RELIGIEUX SOUS FORME DE THEOLOGIE I I

Il y aura, en premier lieu, la phase des images et des mythes. Et, en effet, les images, les métaphores, les paraboles et allégories remplissent les livres saints. Et, d'après cette même loi qui a fait passer Thomme de la vie purement animale à la vie de l'esprit, nous voyons les mythes, eux aussi, se spiritualiser, se moraliser ^ Le Divin est primitivement conçu à la ressemblance physique de l'homme, de là ces expressions : l'œil de Dieu, le bras de Dieu, etc., d'abord prises à la lettre ; puis, à sa ressemblance psychologique : on dira la science, la puissance, la bonté, la personnalité divine; de nos jours, on tend de plus en plus à rejeter cette personnification anthropomorphique ^ et à considérer le Divin comme la grande Loi de l'évolution vers le mieux, comme l'aspect idéal de la réalité.

Même évolution relativement h Jésus.

Il y a le mythe physique qui interprète dans un sens matériel le titre imagé de « fils de Dieu » que Jésus donnait aux autres hommes tout comme à lui-même : c'est l'Esprit- Saint, jouant un rôle physiologique, qui forme Jésus dans le sein d'une Vierge ^ Mais c'est le mythe moral ou métaphysique qui finit par l'emporter : la filiation divine consiste en ce que l'âme de Jésus est remplie de l'Esprit divin ou intimement unie au Logos ^.

Évolution non moins curieuse par rapport à ce que l'on a appelé la rédemption. Ce terme, qui signifie rachat n'est

1. Et cela, non seulement dans le christianisme, mais clans le paganisme ovi les philosophes, peu à peu, expliquèrent la mytholog^ie comme un ensemhle de symboles, d'allégories. Voir un bel exemple de cette évolution relativement au mythe de Bacchus d'abord symbole de l'ivresse sauvage, puis des plus nobles exaltations de l'âme. Goblet d'Alviella, Eleusinia, p. 84-

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