I. Bossuet, Œuvres complètes, éd. Vives, t. XIII, p
ils sont par la grâce du Saint-Esprit et la foi infuse en état de faire un acte de foi quand la foi leur sera prêchée\ «
C'est là qu'il fallait prendre Bossuet. En effet, comme nous le dirons plus loin, Bossuet n'admettait pas que la prédication de l'Eglise déclanchât mécaniquement ce ressort de la (( foi infuse » ; il admettait des motifs de crédibilité. Il fallait donc lui objecter : Où l'enfant prend-il ces motifs ? Ou il les cherche lui-même et voilà cet examen dont Bossuet a si grand peur, — ou il les reçoit de l'Eglise et c'est un cercle vicieux, puisqu'il s'agit précisément d'expliquer comment l'enfant croit à l'Eglise.
Chose curieuse ! Claude ne vit pas le faible de la tactique de son adversaire et ne bougea point de sa position : « Je vous répondrai pour l'Ecriture ce que vous me répondrez pour l'Eglise. )) Il ne songea pas à enfermer Bossuet dans ce cercle vicieux. Bossuet semble ne s'être aperçu que plus tard du danger qu'il avait couru : « Qu'on ne nous reproche point, dit-il dans la Sixième réflexion^, ce cercle vicieux : l'Eglise nous fait croire l'Ecriture, l'Ecriture nous fait croire l'Eglise. Cela est vrai de part et d'autre à divers égards. L'Eglise et l'Ecriture sont tellement faites l'une pour l'autre, et s'assortissent l'une avec l'autre si parfaitement, qu'elles s'entre-soutiennent comme les pierres d'une voûte et d'un édifice se tiennent mutuellement en état. Tout est plein dans la nature de pareils exemples. Je porte le bâton sur lequel je m'appuie : les chairs lient et couvrent les os qui les soutiennent et tout s'aide mutuellement dans l'univers. Il en est ainsi de l'Eglise et de l'Ecriture. »