Art. XIII
l36 L ÉVOLUTION DE LA FOI CATHOLIQUE
toutes choses par instinct et par sentiment! Mais la nature nous a refusé ce bien, et elle ne nous a au contraire donné que très peu de connaissances de cette sorte ; toutes les autres ne peuvent être acquises que par le raisonnement^ . »
Et ailleurs : « Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point ; on le sait en mille choses... C'est le cœur qui sent Dieu et non la raison. Voilà ce que c'est que la foi: Dieu sensible au cœur, non à la raison'^ »
Le commentaire de ces deux derniers mots se trouve dans les passages suivants :
« Les preuves de Dieu métaphysiques sont si éloignées du raisonnement des hommes, et si impliquées, qu'elles frappent peu ; et quand cela servirait à quelques-uns^, ce ne serait que pendant l'instant qu'ils voient la démonstration, mais une heure après ils craignent de s'être trompés... C'est pourquoi je n'entreprendrai pas ici de prouver par des raisons naturelles ou l'existence de Dieu, ou la divinité, ou l'immortalité de l'âme, ni aucune des choses de cette nature ; non seulement parce que je ne me sentirais pas assez fort pour trouver dans la nature de quoi convaincre des athées endurcis, mais encore parce que cette connaissance, sans Jésus-Christ, est inutile et stérile. Quand un homme serait persuadé que les propositions des nombres sont des vérités immatérielles, éternelles, et dépendantes d'une première vérité en qui elles subsistent et qu'on appelle Dieu, je ne le trouverais pas beaucoup avancé pour son salut*. )>
1. Art. YIII, no I. Nous soulignons les mots qui prouvent l'emploi du terme raison dans le sens de raisonnement.