Art. XXIV
3. « Quand cela sei*virait à quelques-uns », dit Pascal. Ce n'est donc plus pour lui une impossibilité absolue, une incapacité radicale de la raison.
!\. Art. X, n" 2,
LE FIDÉrSME AVANT LE CONCILE DU VATICAN iSy
« Le Dieu des chrétiens ne consiste pas en un Dieu simplement auteur des vérités géométriques et de l'ordre des éléments; c'est la part des païens et des épicuriens... Le Dieu des chrétiens est un Dieu d'amour et de consolation : c'est un Dieu qui remplit l'âme et le cœur qu'il possède : c'est un Dieu qui leur fait sentir intérieurement leur misère et sa miséricorde infinie ; qui s'unit au fond de leur âme ; qui la remplit d'humilité, de joie, de confiance, d'amour ; qui les rend incapables d'autre fin que de lui-même ^ »
Pascal ne semble donc plus croire la démonstration rationnelle de l'existence de Dieu impossible, mais inutile pour le salut. Quoi qu'il en soit d'autres passages plus affîrmatifs dans le sens de l'impuissance de la raison^, nous pouvons le ranger parmi les fidéistes théologiques mitigés.
Ajoutons à cela que les préjugés jansénistes de Pascal et son humeur passionnée l'ont entraîné à se servir de formules paradoxales et regrettables : « (Prenez de l'eau bénite, faites dire des messes, etc.) cela vous fera croire et vous abêtira^ ». C'est, comme le « credibile, quia ineptum » de Tertullien, un paradoxe enté sur un paradoxe, sur le fameux texte de saint Paul : « Nonne stultam fecit Deus sapientiam hujus mundi^ )> que Montaigne avait traduit : ce Dieu n'a-t-il pas abesti la sapience de ce monde ^ ? »
Pascal ne veut parler ici que du côté « automate » de notre nature : « Car il ne faut pas se méconnaître, nous sommes automate autant qu'esprit; et de là vient que l'instrument