‹ L'évolution de la foi CatholiqueChapitre 94 sur 164 · Art. XII · texte numérisé non relu

Art. XII

LE FIDÉISME^ AVANT LE CONCILE DU VATICAN iSq

lasiiques, nous l'avons dit, l'avaient soupçonné, mais Pascal l'a vu très nettement: a La volonté est un des principaux organes de la créance; non qu'elle forme la créance, mais parce que les choses sont vraies ou fausses, selon la face par où on les regarde. La volonté, qui se plaît à U une plus qu'à Vautre, détourne l'esprit de considérer les qualités de celles qu'elle n'aime pas à voir; et ainsi l'esprit, marchant d'une pièce avec la volonté, s'arrête à regarder la face quelle aime, et ainsi il en juge par ce qu'il y voit\ »

De là cette règle, qu'il faut chercher la vérité non en augmentant les preuves, mais en diminuant nos passions^. Il va plus loin dans ses remarques sur X art de persuader ^ :

« Je sais qu'il (Dieu) a voulu qu'elles (les vérités divines) entrent du cœur dans l'esprit, et non pas de l'esprit dans le cœur, pour humilier cette superbe puissance du raisonnement qui prétend devoir être juge des choses que la volonté choisit; et pour guérir cette volonté infirme, qui s'est toute corrompue par ses sales attachements. Et de là vient qu'au lieu qu'en parlant des choses humaines on dit qu'il faut les connaître avant que de les aimer, ce qui est passé en proverbe^, les Saints au contraire disent en parlant des choses divines qu'il faut les aimer pour les connaître et qu'on entre dans la vérité que par la charité. ))

Nous avons déjà dit et ne pouvons assez répéter que l'on n'arrive de la sorte qu'au vrai d'ordre idéal, au vrai en

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