De l'esprit géométrique
4. Ignoti nulla cupido (Ovide). Les scolastiques disaient : Nil volitum quin prœcognitum. Mais nous l'avons déjà dit : ils n'admettaient pas Vinconscient. Pascal l'a entrevu lorsqu'il parle plus loin de « ce qui se passe dans le plus intérieur de l'homme, que l'homme même ne connaît presque jamais ».
tant que symbole d'une vérité morale ou métaphysique, non pas au vrai dans le sens historique ou scientifique. Quoi qu'il en soit, c'est bien ainsi que Pascal organise toute la démonstration sur un fond de psychologie morale, en s'appuyant avant tout sur nos tendances morales.
c( Les hommes ont mépris pour la religion, ils en ont haine et peur qu'elle soit vraie. Pour guérir cela, il faut commencer par montrer que la religion n'est point contraire à la raison ; ensuite qu'elle est vénérable, en donner respect; la rendre ensuite aimable, faii'e souhaiter aux bons qu'elle fût vraie ; et puis montrer qu'elle est vraie ^ »
Et voici, donné par lui-même, de la manière la plus expresse, le plan de son apologie ; les preuves historiques sont pî^éparées par les preuves morales :
(( Première partie : Misère de l'homme sans Dieu.
« Seconde partie : Félicité de l'homme avec Dieu. Autrement, première partie : que la nature est corrompue. Par la nature même. Seconde partie: qu'il y a un réparateur. Par l'Ecriture ^ »
2° Précurseur, Pascal ne l'est pas seulement par ce rôle prépondérant accordé à la volonté dans la croyance; il l'est aussi en admettant que c'est le cœur qui sent Dieu comme c'est le cœur qui sent les trois dimensions de l'espace ^.
Subtilités théologiques à part, n'est-ce point ce que nous