‹ L'évolution de la foi CatholiqueChapitre 99 sur 164 · Essai, 3^ partie, chap. i · texte numérisé non relu

Essai, 3^ partie, chap. i

et comme il lui aurait fallu l'exercice de l'intelligence pour inventer les premiers mots, et qu'il n'y a pas d'intelligence sans mots, force nous est bien de remonter à Dieu comme ayant été le premier maître de l'humanité, comme ayant créé l'homme à la fois pensant et parlant les vérités fondamentales de la morale et de la société. « Gardienne fidèle et perpétuelle du dépôt sacré des vérités fondamentales de l'ordre social, la société, considérée en général, en donne communication à ses enfants à mesure qu'ils entrent dans la grande famille \ »

Et encore ;

(( En supposant le fait du don primitif du langage, nous découvrons facilement l'origine pour chacun de nous des idées de vérités générales, morales ou sociales ; car ces idées n'étant connues de notre esprit que par les expressions qui les lui rendent présentes et perceptibles, nous les retrouvons toutes naturellement dans la société à laquelle nous appartenons et qui nous en transmet la connaissance en nous communiquant la langue qu'elle parle et où se trouvent toutes les expressions et par conséquent toutes les idées qu'elle peut avoir relativement à son âge, à sa constitution et à son progrès^. »

Personne, de nos jours, ne soutiendrait plus que l'homme ne peut se créer un langage rudimentaire qui, à la fois, perfectionne la pensée et se perfectionne avec elle ; l'argumentation de Bonald repose donc sur une erreur. Quant à la nécessité de l'éducation pour l'homme, nous y reviendrons plus loin en parlant du traditionalisme mitigé.

Lamennais admet, lui aussi, que la « pensée et la parole

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