INTRODUCTION XV
nous désignons aussi bien des faits économiques que des rapports sociaux. Ce ne sont pas des phénomènes que l'on puisse séparer. Même si l'on s'attache surtout à noter les conséquences sociales de l'évolution agricole, on n'est pas dispensé d'examiner la situation économique qui les détermine et les explique. Or nous ne nous trouvons pas en présence d'une organisation économique simple, centralisée, identique sur tout le territoire. L'agriculture n'est pas quelque chose d'homogène. Les remarques monographiques n'y peuvent être généralisées.
De même que par le mot d'industrie nous comprenons des entreprises de nature très différente, de même nous entendons par agriculture des spéculations qui n'ont parfois d'autre rapport commun que de s'exercer dans le milieu rural. Les mêmes observations ne s'appliquent pas aux grandes cultures des terres à blé et aux cultures spéciales comme la vigne et le jardinage. La production fourragère, l'élevage et l'industrie laitière, les forêts etles cultures arborescentes constituent d'autres entreprises agricoles bien distinctes.
A l'intérieur même de ces grandes catégories, on constate des variations géographiques qui rendent difficiles les généralisations. Le climat détermine dans chaque région la nature des cultures; des habitudes traditionnelles — qui ont été elles-
l'ÉVOLUTION DK la FRANCE AGRICOLE. h