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LES ASSOCIATIONS AGRICOLES. LEURS PROGRAMMES D'ACTION

I. L'histoire des associations. — Les anciens groupements; les fruitières; les Sociétés d'agriculture. — Les premiers syndicats agricoles.

II. Les diverses catégories d'associations rurales. — Production : achats collectifs, outillage, culture. — Vente : coopératives de transformation et de vente. — Syndicats de défense contre les fraudes. — Crédit : caractères du crédit agricole. — Assurances : intempéries, incendie, mortalité du bétail,

III. Le programme social. — Le devoir social des syndicats: (Euvres d'assistance; neutralité politique des syndicats.

L'isolement de l'agriculteur assurait jadis son indépendance. Dans le monde économique moderne il ferait le plus souvent sa faiblesse. On Ta bien vu lors de la crise agricole; les paysans ont senti que leurs chaumières allaient être emportées Tune après l'autre par la tourmente, s'ils n'avaient la sagesse de s'unir dans le péril. Une commune misère leur a appris les vertus de la solidarité. L'assurance d'avantages matériels dont le besoin était pressant, des promesses et des appels à l'idéal qui ont toujours quelque action sur le cœur des hommes, l'intervention administrative, une législation favorable, (Uî beaux dévouements et des ambitions personnelles, l'effort de quelques-uns, la passivité des autres, la contagion de l'exemple et, pardessus tout, la néces-

site économique, tout cela a produit « un mouvement social », une lloraison soudaine d'association qui ont changé la physionomie de nos campagnes.

Il est d'usage parmi les sociologues de parler avec une dévole admiration de cette soumission du paysan aux disciplines du groupement. M. Baudrillart considérait la création des prodigieux développements des syndicats agricoles comme « le fait économique le pins remarquable du xix*' siècle ». Le comte de Chambrun les appelait « le chef-d'œuvre de la sociologie »; il proclamait que « leur œuvre serait, dans notre pays, la meilleure et la première, au siècle prochain », celui où nous sommes. Et l'on sait comment s'expriment nos hommes politiques dans leurs dithyrambes... progrès, démocratie, solidarité, paix sociale. Tant d'enthousiasme nous oblige à quelque défiance. Les institutions humaines n'atteignent pas d'ordinaire à cette perfection. Rechercher, s'il ne faut pas faire la part de quelques illusions bien naturelles chez des créateurs et des encouragements excessifs que distribuent les propagandistes, du « coup de pouce » donné aux statistiques et des flatteries mutuelles, ce n'est pas manquer de respect à des efforts méritoires. Nous sommes tout prêt à admirer; mais nous voulons d'abord qu'un examen méthodique nous fasse distinguer les promesses et les actes, les espérances et les résultats.

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