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L ORGANISATION DU TRAVAIL

Elle doit cependant retenir l'attention, car elle est, avec le fermage, la forme qui convient le mieux aux grandes exploitations industrialisées.

Tous ceux qui sont classés comme chefs d'exploitation ne doivent pas être pris pour des patrons capitalistes. Il y a d'abord tous les paysans qui, travaillant chez eux de leurs mains, sont à la fois maîtres et serviteurs. Il y a ensuite un bon nombre de moyens propriétaires qui dirigent deux ou trois ouvriers et peinent à côté d'eux. Parmi les fermiers et les métayers, il en est beaucoup qui doivent être classés à côté de ces propriétaires moyens et constituent une classe intermédiaire entre celle des capitalistes et celle des ouvriers.

Dans les exploitations qui nécessitent l'emploi d'une main-d'œuvre salariée, le travail est effectué par deux catégories d'ouvriers, les domestiques logés et nourris, engagés pour une période déterminée, à la quinzaine, au mois, à la saison, à l'année, les journaliers qui ne sont pas logés, généralement pas nourris et qui sont payés à la taclu^ ou à la journée. C'est à cette distinction entre les ouvriers attachés à demeure à l'exploitation et ceux qui viennent du voisinage, suivant les besoins, qu'il faut se borner quand on considère l'ensemble de l'agriculture française. Dans le détail, les modalités du contrat de louage de services justifieraient un nombre difficile à déterminer de subdivisions. Il y a des journaliers nourris et logés, des domestiques habitant hors de l'exploitation, des journaliers payés à la semaine; les paiements en

nature qui tendenl généralement à se réduire à de simples gratifications restent encore la rémunération principale pour certains travailleurs, les maîtresvalets de la Haute-Garoime notamment; certaines cultures dispersent les ouvriers et les isolent, d'autres les rassemblent en équipes; il y a des journaliers qui n'ont d'autres ressources que le travail de leurs bras et d'autres qui sont avant tout de petits propriétaires, acceptant parfois d'aller en journée; il y a des domestiques, fils de paysans propriétaires, qui attendent le moment de prendre la direction de l'exploitation paternelle; la durée du travail elï'ectif qui dépasse douze heures dans certains pays, se réduit à six ou sept heures dans les localités du Languedoc où le travail est eflectué par de petits cultivateurs, désireux de conserver quelques heures pour soigner chaque jour leur propre vigne. En un mot, ce qui caractérise la classe ouvrière dans l'agriculture, c'est le manque de cohésion.

Toutefois celte observation qui s'applique à l'ensemble du pays n'est plus exacte quand on considère quelques régions déterminées. Dans la viticulture languedocienne, dans les coupes de forêts du Cher, de la Nièvre ou des Landes, dans les grandes fermes des environs de Paris, dans certains établissements d'horticulture où le travail est industrialisé, réglementé, effectué par équipes, les ouvriers ont des intérêts professionnels communs. Aussi c'est seulement dans ces régions que des conflits collectifs ont pu se produire.

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