‹ L'évolution de la France agricoleChapitre 5 sur 63 · X INTRODUCTION · texte numérisé non relu

X INTRODUCTION

reurs, amoureux de la terre, illettrés, mais instruits par l'expérience et par la tradition, ceux dont George 8and nous a laissé un portrait moins défîo^uré peut être qu'on ne le croit. Les paysans d'aujourd'hui sont d'un modèle bien différent. L'école et la caserne les ont détachés du sol. La culture n'est pour eux qu'un métier dont ils ne voient que trop les inconvénients et qu'ils quitteraient pour un autre, si l'intérêt les y poussait. Ce ne sont plus des paysans, mais des cultivateurs.

Car, dans 'cette transformation de la vie rurale, tout n'a pas été un bienfait pour les agriculteurs. Ils ont vu les villes, le commerce, l'industrie, les fonctions publiques et l'armée leur prendre leur main-d'œuvre. La hausse des salaires ne suffit plus à retenir les ouvriers agricoles gagnés par les révolutionnaires. Dans plusieurs régions, des grèves ont éclaté — non pas des bagarres imprévues, sans conséquence durable — mais des grèves organisées, généralisées, appuyées sur des syndicats ouvriers qui sont affiliés à la Confédération générale du Travail.

On objectera peut-être que c'est attacher trop d'importance à des modifications de forme, donner pour neufs des problèmes déjà posés depuis près de deux siècles et qui sont d'ailleurs restés sans solution. La désertion des campagnes, par exemple? Qu'on relise les articles de Quesnay dans VEncy-

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