‹ L'évolution de la France agricoleChapitre 6 sur 63 · INTRODUCTION XI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XI

clopédie, en 1756 et 1757, aux mots fermier et grains; déjà les agriculteurs se désolaient de voir leurs fils et leurs ouvriers attirés par les villes, enlevés par la milice, pervertis par « les instructions que les maîtres d'école donnent aux paysans ». Nous nous plaignons du manque de bras et de la baisse des cours? Voilà bien une nouveauté! De tout temps, les agriculteurs, éloignés des centres de population, ont eu à résoudre des difficultés de main-d'œuvre et toujours, même dans les périodes les plus prospères, ils ont gémi sur l'insuffisance des prix de vente. Ils dénoncent aujoujd'hui la concurrence étrangère et l'invoquent pour justifier les mesures de protection douanière? H y a beau temps qu'elle fait sentir ses effets. Quesnay, pour le citer encore, attirait l'attention de ses lecteurs sur la Pensylvanie ce où, disait-il, l'agriculture a tant fait de progrès depuis cinquante ans et qui fournit tant de blé et de farine aux Antilles et en Europe ». Nous nous vantons de nos associations agricoles et de leurs progrès rapides? (^ela prête, en elfet, à de faciles développements dans les discours officiels. Mais nous n'avons pas innové autant que nous le disons avec complaisance. Sans parler des communautés de paysans qui étendaient et renforçaient le groupement familial, des fruitières de Franche-Comté qui étaient des coopératives de laiterie, des cotises des Landes qui étaient

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