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En revanche, il est d'autres modifications qui sont claire* ment marquées, et qu'il est impossible de ne pas constater, quoique les grammairiens ne les aient guère reconnues, j'en* tends celles qui proviennent de l'association de deux ou trois voyelles produisant une diphthongue, un son pour lequel il n'y a pas de signe spécial. J'en citerai un seul exemple. La réunion des deux voyelles [1 ^^ produit le son rj ai dans mai (pron. mè Littré). Nous en avons la preuve par les transcrip* tions. RouGÉ avait déjà reconnu que \\ ^\ est la transcription de l'hébreu bs ce qui a été confirmé par la stèle découverte par M. Pétrie où est le nom d'Israël. Or, nous savons que le champ où arrivent les défunts s'appelle le champ 0^^ ^^ y qui doit se lire Vjlv Élu (1) et non lalu comme le transcrit Maspero qui n'a pas reconnu la diphthongue, et encore moins ilrw comme lisent les Allemands, et qu'on ne peut pas prononcer. Il paraît évident que le mot Hlv auquel les Grecs ont ajouté la termi* naison aïog (2) est l'étymologie "d'Hlvaiog.
L'inversion des deux voyelles produisait un son différent, comme dans le mot A^^U 'QA seigneur, en copte XOeiC ou
nombre de cas, mais qui est loin d'être fixe. Qu'on prenne par exemple la transcription des noms grecs dans l'inscription de Canope, qui est de l'époque ptolémaïque, et l'on verra que dans le même nom l'^peut avoir des valeurs différentes, par exemple dans le nom d'AnoXXcov^ârjg, ^ représente \'« du début et l'w du milieu, dans celui de AltvtxQareia, f, a, et la diphthongue (uc. Mais ce n'est pas seulement à l'époque ptolémaïque que cela se présente. Maspero fournit de nombreux exemples de prononciation diverses de cette lettre à des époques beaucoup plus anciennes. On ne pourrait arriver à une transcription exacte que si l'on connaissait la vocalisation, et pour l'égyptien, comme du reste pour bien d'autres langues, il faut se contenter d'une con* vention.
Nous en avons une qui s'en rapproche, dans le nom que nous donnons aux lettres en français. Quand j'étais enfant et que j'apprenais à lire, on m'ens seignait que l'alphabet commençait par cinq lettres dont la cinquième était é. Depuis quelques années, on fait dire aux enfants qu'après le d vient l'a (e muet comme dans le). C'est faire de \'e une sorte de consonne sémitique qui peut répondre à des sons très divers, et dont le nom est absolument conventionnel.
(1) Dans les transcriptions la voyelle u représente la son ou.
(2) CuRTiUS, Griechische Etymologie p. 616.
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XX61C, S'Oie suivant les dialectes. Transcrits d'après la méthode allemande, ces mots, sans compter qu'ils ne sont pas lisibles, arrivent aux formes les plus étranges, et, si l'on veut les pronon* cer, obligent à l'introduction de voyelles dont le choix est assez arbitraire. Puis, si l'on voit partout des consonnes, les diph* thongues comme celles que nous venons de signaler n'ont pas existé en égyptien, quoiqu'elles se retrouvent en copte, où il serait difficile de les expliquer.
Je suppose, par exemple, qu'on voulût remonter du mot copte au mot hiéroglyphique, à quoi correspondrait le mot XOeiC? Les voyelles 06I doivent être des consonnes dans l'ancien mot. Ad* mettant que, suivant ma transcription, ce soient ^^ et (1. En quoi ces deux signes se révèlent^ils comme étant des consonnes, quelle est leur valeur de consonnes, et en quoi difïèrentî=ils de simples voyelles ?
N'ayant pas à faire ici un exposé complet du système phono* logique de l'ancien égyptien, et ne voulant qu'en tracer les grandes lignes, je ne m'étendrai pas davantage sur les diverses com* binaisons qui peuvent être faites entre les voyelles. Je me bor# nerai à affirmer à nouveau qu'il y a des voyelles dans l'écriture égyptienne, et que considérer les signes alphabétiques comme étant tous des consonnes, c'est une erreur qui a conduit à d'au* très, dans la reconstruction de la grammaire.
La troisième sorte d'articulations qu'on trouve en égyptien, ce sont les sonnantes, (1) sur lesquelles je serai très bref. Qu'il me suffise de dire que quelquefois elles servent à modifier la pro* nonciation des voyelles, presque toujours elles jouent un rôle alternatif, tantôt elles peuvent être de simples voyelles, surtout dans les finales et devant les consonnes ; tantôt elles ont une valeur consonantique, surtout devant les voyelles. Elles servent quelquefois à éviter un hiatus, comme par exemple t en fran* çais dans va=t=il.
(1) L'égyptologue suédois PlEHi. a été le premier à définir la nature de ces lettres qu'il nomme «nasalis sonans» (Actes du Congrès de Stockholm Sect. III, p. 32).