Chapitre i
nous dit (1) «que la plupart des mots sont écrits par un signe représentant un mot (Wortzeichen) auquel on a ajouté l'indica* tion de sa prononciation par des signes alphabétiques». Mais cette indication phonétique n'est pas complète, elle ne porte pas sur le signe initial. Il en résulte que le signe initial n'est plus qu'un signe alphabétique, la consonne n avec la voyelle u.
Le signe initial peut être une voyelle ; comme dans le mot •¥- où le signe ■¥- n'est qu'un ^ — d. Nous sommes donc en
droit d'affirmer que lorsqu'un signe idéographique initial est suivi de ce qu'on nomme ses compléments phonétiques, ce signe n'a plus qu'une valeur alphabétique, les compléments ne sont plus que les composantes du mot, et ne sont pas une répétition. Nous avons la preuve de cette assertion dans un texte qui mal* heureusement nous a été conservé en fort mauvais état, le pa* pyrus des signes trouvé à Tanis (2). Dans ce texte, qui nous donne l'explication et souvent la valeur phonétique des signes, nous voyons souvent que cette valeur est indiquée pour un groupe dont la première lettre et le signe même qu'on explique, ainsi le signe ^fj gardien, doit se lire ^fj ^^ ^. ''===sl c'est [1 (2. , un hoyau (3)
Souvent aussi il n'y a comme complément phonétique que la dernière lettre, de sorte que le signe idéographique devient une syllabe, ainsi dans le mot A qui s'écrit aussi Q<=>, le pre#
U <II> nui
mier signe est ou ^ — d ou
(1) Grammaire, 3. éd. § 60.
(2) Two hieroglyphic papyri from Tanis voyez. IV. T. VI. 1. XVIII. 4. XX. 11. XXI.l
(3) Voici une question que je soumets aux spécialistes en langues sémi* tiques. Le principe de l'acrophonie ne pourrait^il pas expliquer les noms des lettres dans l'alphabet sémitique? 2 serait la première lettre du mot maison beth, i la première lettre du mot chameau gimel sans que la forme du signe ait aucun rapport avec la chose ou l'animal dont la lettre porte le nom. Il me semble qu'il existe un exemple de cette acrophonie en français. Si nous voulons écrire le nom de la lettre h nous l'écrirons hache. Et l'on ne dira pas que l'fi ait aucun rapport de forme ou d'origine avec l'instrument dont le nom commence par cette lettre.