‹ L'évolution de la langue égyptienne et les langues sémitiquesChapitre 18 sur 96 · Chapitre i · texte numérisé non relu

Chapitre i

de la consonne m qui peut s'échanger avec le 1 b. Il est rare de trouver dtt^ sans complément. Ce n'est guère que dans cer* tains cartouches, encore pas toujours. Dans un cartouche comme O i^!!^ w transcrit par les Grecs Miaacpqiç et par Pline Mesphres, on peut supposer de deux choses l'une : ou que r"^-"^^ était un sim* pie m suivi d'une voyelle qui variait de son comme toutes les voyelles, ou que dans les cas très rares où l'on a écrit O O

AAAA/NA V^

la sonnante ^'^^^ n'était ici qu'une voyelle qui est tombée dans la prononciation. Le signe f*-"^^ ne peut donc absolument pas être in# voqué comme preuve qu'il n'y avait pas de signes syllabiques.

Il en est de même du signe ^^=0) qui est presque toujours accompagné de son complément ^ ou même de . On peut

faire à propos de ce signe exactement les mêmes raisonnements qu'à propos de r"^^ avec cette différence qu'ici nous avons des variantes remplaçant le (*=ïD par un m. (1) De même dans le mot l[]îl v^dont la variante est '^^I y» ^^ signe m mes ou mos n'est qu'un m.

Pour un grand nombre d'autres tels que -^-^-^ nif, ^t^ kem. Il sen etc., la qualité de signes syllabiques est indéniable, et ils se ren* contrent fréquemment sans leurs compléments. Ce sont bien des mots monosyllabiques, mais qui sont devenus de véritables phono* grammes employés dans d'autres mots avec leur valeur syllabique.

Ainsi de la figure, du signe idéographique, nous sommes arri* vés au signe alphabétique pur lorsqu'il s'agit des voyelles, et lorsqu'il s'agit des consonnes, au signe qui répond exactement à son nom de consonne, la lettre qui ne s'entend qu'avec l'aide de la voyelle. C'est dire qu'à l'origine toute consonne est accom* pagnée d'une voyelle initiale ou finale, c'est un caractère sylla* bique, une syllabe ouverte. (2) Il ne pourrait pas en " être au*

(1) The Tomb of Senebtisi p. 105.

(2) L. Page Renouf. Life Work. II. p. 154. «The phonetic signs of the Egyptian constitute net an alphabet, but a syllabary. They represent not vowels or consonants as such, but ail sounds necessary or convenient for the purposes of the writer». On voit que pour l'égyptologue anglais comme pour l'auteur de ce mémoire, le but de l'écriture, c est la reproduction de sons.

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trement avec une écriture figurative. Un signe comme ^ ou n'est pas un simple caractère amorphe destiné à représenter un son, c'est une figure dont le nom est monosyllabique, et renferme nécessairement une voyelle.

Le progrès suivant a consisté en ce que cette voyelle s'est amuie, ou est tombée dans la prononciation, et qu'alors le signe qu'elle accompagnait est devenue une véritable consonne suscep* tible d'être employée avec une voyelle quelconque. De là vient que souvent la voyelle disparaît dans l'écriture, parce que pro# bablement elle avait d'abord disparu dans la prononciation. Cepen* dant le signe reste immuable, il ne subit aucun changement. Rien n'indique que ce soit une syllabe ou une consonne simple. Ici comme dans mainte chose égyptienne, il faut se garder de faire une règle fixe, il y a beaucoup de vague, d'incertain. Souvent la consonne a gardé sa valeur traditionnelle, quoique l'écriture ne l'indique pas à l'ordinaire, et nous sommes tout surpris de temps en temps de trouver une voyelle indiquée qui nous apprend ce qu'était la vocalisation d'un mot ou d'une syllabe. Voici par exemple le signe [ | J qui représente une tente. Il est presque

toujours écrit x j f | J avec deux consonnes ou | J 00; oi^ le lisait heb, hebi. Une fois ou deux les textes des Pyramides et d'autres encore l'écrivent | ^^ 1 i fl J et nous apprennent qu'il doit se lire habi, et cependant la voyelle ^^^ est presque tou* jours omise. De même les cellules que doivent atteindre les dé* funts s'écrivent toujours I j| Hy sebkhet, un texte de la XXI.

dynastie l'écrit H^. J np sabkhet. Le mot œuf, écrit d'ordinaire suhet, doit d'après un papyrus de la même époque, être vocalisé

Il faut se rappeler que l'écriture égyptienne, encore plus que toute autre écriture, n'est qu'une approximation ; c'est avant tout un dessin qui doit se lire d'une certaine manière, c'est pour l'œil la reproduction de ce qu'on entend. L'essentiel est donc, pour l'Egyptien qui écrit, d'être compris. Il n'a pas besoin pour cela

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