‹ L'évolution de la langue égyptienne et les langues sémitiquesChapitre 22 sur 96 · Chapitre i · texte numérisé non relu

Chapitre i

Les Cananéens ont été plus loin que les Egyptiens, leur déve* loppement est plus avancé, l'élément figuratif n'existe plus, et

dans les mots égyptiens n'est pas nécessaire aux gens du pays. Mais si nous examinons la tendance spéciale et le développement de l'écriture égyptienne dans l'Ancien Empire, nous devons reconnaître que cela n'aurait jamais pu conduire à une écriture syllabique».

Et Max Moller développe l'idée que cette écriture syllabique est à l'usage des noms étrangers, et est une importation de l'extérieur, due à une influence sémitique, une imitation du babylonien cunéiforme.

Il y a dans cette théorie de Max Mcller une idée qui nous paraît absolument juste. Il fallait pour la transcription des noms étrangers une clarté qui n'était pas nécessaire pour l'égyptien. Nous avons insisté plus haut sur ce que l'écriture égyptienne était imparfaite, n'était qu'une approximation, la? quelle n'avait pas un très grand inconvénient parce que le caractère Hguratif, le dessin, avait persisté dans l'écriture, et qu'un Egyptien pouvait facilement retrouver un mot de sa langue, quand même il était écrit d'une manière im* complète. Il est clair qu'il n'en était plus ainsi pour les mots ou les noms étrangers ; sur ce point nous sommes tout à fait d'accord avec MAX MOLLER.

Là où nous différons absolument, c'est sur la question de l'origine du système syllabique. Ici Max MOLLER est dominé par le dogme fondamental de l'égyptologie allemande, dogme qu'il n'est pas permis de mettre en discussion il n'y a que des consonnes dans l'écriture égyptienne. Il est inutile de revenir sur les arguments qui vont à l'encontre de cette affirmation qui nous paraît inadmissible. C'est sur deux autres points que nous devons nous séparer du savant égyptologuc allemand.

Max Moller ne tient pas compte du fait que nous avons reconnu comme fondamental : que le signe de la voyelle doit être distingué de sa prononciation. Le signe reste immuable, tandis que la prononciation peut être très variable. Et c'est là ce qui conduit. M. Moller à voir des consonnes, sur les chan* gements desquelles il s'étend, tandis qu'il ne s'agit que de variations du phonème dépendant de la même lettre.

A notre sens, M. Moller donne une trop grande valeur aux transcriptions, surtout à celles des noms propres. La philologie a trop souvent voulu con» sidérer ces transcriptions comme opérées par des scribes entendus dans les règles linguistiques. et ayant sous les yeux des textes écrits. Or, ce n'est le cas que pour un nombre infiniment faible. La grande majorité des transcriptions a lieu par l'oreille. On écrit ce que l'on entend, et l'on emploie pour cela les signes qui paraissent rendre le mieux le son qui arrive à l'oreille. Il en est encore ainsi de nous jours, même dans les administrations, où l'on pourrait supposer qu'il y a des règles fixes. Quiconque aura voyagé en Egypte aura remarqué que les transcriptions de la poste ou du télégraphe ne sont pas toujours les mêmes que celles du chemin de fer. S'agit^il de transcrire en arabe un nom européen, on voit souvent paraître les combinaisons de lettres les plus bizarres. La philologie s'est trop attachée à la langue littéraire ou à la langue parlée, elle ne s'est pas occupée de ce que j'appellerai la langue parlée écrite, c'est à dire l'écriture qui rend uniquement le son, sans s'embarrasser de la grammaire ou de l'orthographe qui ne sont qu'une convention.

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ils se sont débarrassés de tout ce qui en dépendait, comme par exemple le déterminatif. Leur écriture a un caractère alphabéti* que plus prononcé, cependant elle est encore imcomplète, le déve* loppcment n'est pas achevé comme dans l'écriture grecque. Elle n'a pas comme loi fondamentale que toute lettre du mot doit être représentée, aussi bien les voyelles que les consonnes.

Le déterminatif et l'ordre des signes en égyptien.

La question de l'origine de l'alphabet nous a conduit aux langues sémitiques et principalement au cananéen. Revenons main* tenant à l'égyptien. Nous avons insisté sur ce que l'écriture égyp# tienne avait jusqu'à la fin conservé des caractères qui révélaient son origine, et qui montraient qu'elle avait commencé par être un dessin. L'un de ceux qui est à cet égard le plus probant, c'est le déterminatif. Le déterminatif est un signe idéographique placé à la suite de caractères phonétiques, et qui ainsi fournit l'explication du mot qui précède écrit de cette manière, et paraît en donner le sens. Un déterminatif peut se placer aussi bien après un verbe qu'après un nom, et il peut être de deux sortes : ou bien il est la représentation exacte de ce qu'indique le mot écrit phonétiquement, ainsi dans le mot 3 qui veut dire une femme, le dessin de la femme explique exactement ce que veut dire le mot , ou bien il est générique, c'est à dire qu'il peut

s'appliquer à toute une classe de personnes ou d'objets, ou à un genre d'actions, ainsi l'homme assis ^ détermine tout aussi bien le père que le frère, le prêtre, l'écrivain, partout où il s'agit d'un homme, de même que le bras armé >; — c suivra presque tous les mots indiquant une action violente.

Quelle est l'origine du déterminatif? Peut*on dire avec Gar. DINER que, historiquement, le déterminatif n'est pas destiné à donner le sens des caractères phonétiques qui le précèdent, mais qu'au contraire ce sont les caractères phonétiques qui fournissent

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