Chapitre i
il fallait bien la mettre après. On pourrait citer d'autres exem* pies analogues.
On remarquera que toutes les fois qu'au lieu de la voyelle e ou i il y en a une autre, ^^^^^ cesse d'être un caractère sylla* bique, il est toujours accompagné de son complément phoné* tique '^^^■^^ ce n'est donc plus une syllabe fermée. Mais, chose curieuse, cette voyelle n'est pas intercalée à sa place entre eff^ et -wwNA, elle est toujours à la fin. Voilà par exemple le mot ^ qui veut dire une nourrice. Il semblerait qu'on doit lire mena, et pourtant les mots coptes MXA.N6, MOON6 montrent qu'il y avait entre l'm et l'n une voyelle longue a ou o indi* quée, comme cela arrive souvent en copte, par la réduplication de la voyelle brève. ^.^ — d devrait donc être écrit entre i*^"^ et '-^'«^ ,„ D ce qui ne se trouve jamais.
Le signe |TJ se lit mos ou mas, nous le savons par les tran* scriptions Amosis et Amasis ^ m et par l'étymologie populaire donnée au nom de Moïse. De même que pour effets (1 nous pou* vons trouver [[> \), la voyelle étant indiquée après le signe, mais si la décomposition de la syllabe est plus complète et que les consonnes soient séparées H H la voyelle pourra être écrite ([||'^i et elle sera aussi à la fin et non à sa place au milieu de la syllabe.
Comment expliquer ces irrégularités, cette sorte d'arbitraire dans la manière d'écrire les mots? Je ne crois pas que la gram* maire puisse nous apporter aucun secours à cet égard. Il faut • toujours remonter à l'origine, au dessin, ne pas oublier qu'un groupe hiéroglyphique, c'est une ou plusieurs figures qui ont un nom, et ce nom, c'est le mot qu'elles représentent. Ces figures forment un ensemble, et le nom de cet ensemble est le même, quoique les diverses parties qui le composent ne soient pas dis* posées exactement de la même manière.
Il doit y avoir là le reste d'une ancienne tradition qui s'est perpétuée au travers des siècles, une faute qui s'est transmise au travers des âges et qu'on n'a jamais songé à corriger. Il faut toujours en revenir au paraMèlisme avec le dessin. Qu'on prenne
une figure humaine vue de profil comme nous en avons con* serve des milliers, de toutes les époques. Le corps humain semble composé de membres qu'il est nécessaire de montrer, quoique la manière dont on les présente ne soit nullement un tout har* monieux. Loin d'être une reproduction véritable de la personne, ce n'est qu'un assemblage impossible qui est en contradiction absolue avec l'anatomie. L'oeil sera toujours vu de face, quoique le reste de la tête soit de profil ; le haut du buste est de face, on voit les deux épaules et les bras de chaque côté du corps, et cependant le bas du torse est de profil ainsi que les jambes et les pieds. L'Egyptien n'a jamais été frappé de ce qui est plus qu'une incorrection de dessin, c'est une faute grossière qui aurait révolté un Grec, et contre laquelle on n'a réagi à aucune époque. Les figures des empereurs romains, à cet égard, ne diffèrent en rien de celles des plus anciens Pharaons.
L'écriture partage les mêmes imperfections que le dessin dont elle est issue. Le mot est comme une figure dont les lettres sont les membres. La forme générale est réglée et reconnaissable, mais la disposition des lettres n'est pas conforme à la vérité, qui dans ce cas*ci est la prononciation. Un mot écrit est un assemblage de signes, de voyelles et de consonnes, dont on sait la pronon* ciation. On a indiqué par où il commence, mais la place vraie des signes qui suivent n'est pas rigoureusement indiquée, de même que dans un dessin la tête sera toujours en haut de la personne, tandis que la position des épaules et des bras pourra être représentée d'une manière qui en réalité est impossible. Cela
ne choquait pas plus les Egyptiens de voir écrit /wwva un mot qu'ils prononçaient probablement ^ d man, que lorsqu'ils se trou*