‹ L'évolution de la langue égyptienne et les langues sémitiquesChapitre 29 sur 96 · LA GRAMMAIRE · texte numérisé non relu

LA GRAMMAIRE

Peut*on dire que la grammaire égyptienne a été établie, et même peut*on affirmer que le principe sur lequel devrait reposer une grammaire véritable de l'ancien égyptien ait été posé solide* ment et sur une base inébranlable ? A cet égard, les opinions des égyptologues différent considérablement. En dépit de l'assu* rance avec laquelle on nous présente le système allemand, nous demeurons encore très sceptique, et nous ne sommes pas éloigné de répéter ce que nous écrivions en 1875 : « On peut se deman* der si nous arriverons jamais à autre chose qu'un catalogue de faits dont nous ne pourrons pas mieux déterminer les lois que celles de l'orthographe ». C'est à une conclusion analogue qu'était arrivé Maspero lorsqu'il écrivait dans son dernier travail : «Je n'ai pas l'ambition de composer ici une véritable grammaire égyp* tienne, car, malgré tout ce qui a été publié sous ce titre, . en France, en Angleterre, en Italie, en Allemagne, j'estime que nous ne savons pas encore assez pour y réussir.» (1)

Peu de temps avant sa mort, Champollion mettant en ordre les feuille* de sa grammaire égyptienne. « Serrez*la soigneusement, disaitsil, j'espère que ce sera ma carte de visite à la postérité». Publiée plusieurs années après, cette grammaire nous étonne encore par la marque du génie qu'on y rencontre presque à chaque page, l'intuition extraordinaire du sens du texte égyptien. Comme le dit E. DE RouGÉ, « l'admiration éclate et salue le créateur de la science», quand on songe que c'est en moins de dix années

(1) Introduction à la phonétique égyptienne, p. 3.

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