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pronoms, soient à quelques exceptions près d'une exactitude remar* quable, on ne peut appeler l'œuvre entière qu'un merveilleux essai de grammaire, essai encore fragmentaire et incomplet, que l'auteur aurait sans doute modifié et développé si sa vie s'était prolongée.
Après Champollion, le premier à se charger de cette tâche, à laquelle le maître attachait tant de prix, a été Bunsen dans le premier volume de son ouvrage : Àgyptens Stellung in der Weltgeschichte ; Il y a là un aperçu de ce qu'étaient la langue et la grammaire. C'est en somme un résumé de Champollion, im* primé sans hiéroglyphes. Nous ne le connaissons que par la traduction anglaise à laquelle Birch a ajouté des notes. Nous trouvons déjà là une constatation fondamentale qui est à la base des systèmes grammaticaux, sauf celui de l'école allemande, et qui est exprimée en ces mots (1). «L'un des caractères Jes plus importants de la langue égyptienne, c'est que les mots, que nous appelons racines, et qui expriment un verbe, sont en même temps et sans aucun changement des noms, des substantifs, aussi bien que des adjectifs. Ainsi anx (anech) signifie vivre, vie, vivant, un être vivant.»
Dans le dernier volume de l'édition anglaise du même livre, Birch a repris la grammaire en détail. Il s'étend longuement sur les pronoms, que Champollion avait déjà reconnus d'une manière presque complète. Lorsqu'il en arrive à la caractéristique du nom, il nous dit : «Le nom ne subit pas de changement dans sa racine, les différents cas sont marqués par des prépositions préfixes, la finale du mot restant toujours la même . . » (2) S'agit>il du verbe, Birch nous dira (3) que le verbe est formé par une racine verbale inchangeable, les verbes sont conjugués au moyen d'auxiliaires préfixes à la racine, de terminaisons affixes, de pro* noms préfixes ou affixes. Il y reviendra une seconde fois en ces termes (4) « Le verbe, en égyptien, ne change pas sa racine ver*
(1) Egypt's place in Universal History, vol. I. p. 283.
(2) » » » vol. V. p. 622.
(3) » » » vol. V. p. 646.
(4) » » » vol. V. p. 654.
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baie ; il est conjugué par des préfixes et des affixes et à l'aide de verbes auxiliaires, abstraits ou substantifs, accompagnés de prépositions. » Quoique Birch ne formule pas la conclusion à tirer de ces trois assertions, elle ne peut être que la même que celle de Bunsen : L'égyptien ne distingue pas par la forme le nom, l'adjectit et le verbe.
Ce qu'E. de Rougé appelle «Abrégé grammatical,» et dont la fin ne parut qu'après la mort de l'auteur, est une analyse serrée des diverses formes, destinée en premier lieu à en faire connaître le sens. Parlant du substantif, E. de Rougé s'exprime ainsi : «Le substantif ne se distingue pas ordinairement du radical pur par une forme particulière qui apparaisse toujours dans l'écriture». (1) Le radical pourra subir certaines modifications qui sont les mêmes que celles du verbe. « L'adjectif ne se distinguait pas du substantif par une forme particulière.» (2) Quant au verbe «La forme simple du radical, dépourvue de toute addition et représentant pour ainsi dire l'idée abstraite, est employée dans le discours pour des cas" assez divers et que nous sommes accoutumés à distinguer soigneusement dans nos grammaires. Soit par exemple le verbe 8 (2 ^pousser, /rap# per. Cette forme, toute isolée, pourra être rencontrée dans des phrases où l'on devra nécessairement traduire, soit à l'indicatif, il frappe, il frappait, il a frappé, il frappera, soit à l'infinitif, ou au parti* cipe, quelquefois même au passif, sans modification apparente. Je souligne le dernier mot, parce que l'analogie des formes sémi* tiques engage à penser que des modifications intérieures pourraient exister pour le passif dans la prononciation, et qu'elles sont voilées par l'orthographe égyptienne qui n'emploie que des voyelles vagues et qui les supprime presque arbitrairement.» (3)
Ainsi, E. de Rougé arrive à la même conclusion que Cham. poLLioN et Birch : dans la forme écrite il n'y a aucune différence entre le nom, l'adjectif et le verbe. Pour le verbe passif seul, il soulève une grave question sur laquelle Brugsch reviendra.