Chapitre ii
Il est possible que le passif diffère dans la prononciation, ce dont nous ne pouvons pas nous rendre compte à cause du vague des voyelles et de leur fréquente omission. Je ne sais si E. de Rougé avait l'intention d'écrire un chapitre sur la syntaxe, je ne le pense pas, car l'analyse qu'il fait des formes en indique toujours le sens, et le motif qui en justifie l'emploi.
En 1871, Brugsch publiait sa grammaire, qu'il avait écrite au Caire. Dans la préface, il parle du progrès que faisait faire à la science la grammaire d'E. de Rougé, dont les deux premiers fasci* cules seuls avaient paru, et dont il attendait avec impatience la continuation. Cette grammaire de Brugsch n'a pas eu un grand succès, surtout en Allemagne. Elle méritait cependant qu'on y fît une plus grande attention, car elle est pleine d'aperçus ingé* nieux et d'idées fines, et surtout elle est remarquable par une grande richesse d'exemples, de même que la plupart des tra# vaux de l'auteur qui, plus qu'aucun égyptologue, avait une connaissance de la littérature égyptienne embrassant toutes les époques. Brugsch a fait une grammaire systématique essayant de ramener la langue égyptienne aux cadres grammaticaux d'une langue sémitique ou indo*germanique. C'est là précisément ce qu'on peut appeler la faute de sa grammaire, car cela l'amène forcément à des assertions qui sont presque contradictoires.
Avec beaucoup de raison, il dit que les verbes forment la partie la plus essentielle de la langue égyptienne. Partant de la conjugaison, il s'exprime ainsi : (1) « Le verbe égyptien, dans sa conjugaison, offre une forme active et une forme passive, de plus les modes de l'indicatif, du subjonctif, de l'optatif, de l'impératif, du participe, de l'infinitif. Quant aux temps, il faut reconnaître comme temps fondamentaux : le présent, le passé, le futur. » La suite de la phrase, ébranle quelque peu, on peut même dire annule le commencement : «Mais il est impossible dans l'état actuel de la science, de distinguer dans les différentes formes du verbe égyptien les modifications spéciales du temps à choisir.
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àr/ par exemple, peut signifier aussi bien il fait que il fit ou il fera. Ce n'est que le sens général d'un texte, étudié avec soin, qui précise le choix du temps à traduire. Pour cette raison, nous nous abstenons de définir plus précisément les formes de la conjugaison du verbe égyptien, et nous nous sommes contenté de proposer leur riche liste sans aucune autre remarque que celle de l'indication générale de temps». Cela revient à dire qu'il n'y a pas de formes spéciales pour les temps et les modes. '
On peut le voir par le catalogue des 32 temps ou modes aux* quels le verbe égyptien est soumis, et qu'il démontre sur le verbe ^~^. Il y a ce qu'il nomme les temps simples, formés par l'addi* tion d'un pronom, lequel peut être précédé de la préposition '^^wvA^ puis les temps composés à l'aide d'auxiliaires. On remarquera que ces différentes formes peuvent exprimer le passé aussi bien que le présent et le futur, que souvent les particules sont ajoutées à l'auxiliaire et non pas au verbe lui* même, qui reste invariable et ne diffère en rien d'un nom. Et lorsqu'entre l'auxiliaire et le verbe il y a une préposition, on peut dire que l'expression de* vient une véritable périphrase.
S'agit* il des modes : (1) «La langue et l'écriture des anciens Egyptiens n'a pas de formes particulières pour indiquer le mode subjonctif. » L'optatif est exprimé par un verbe qui signifie donne, fais que, suivi du verbe qui indique l'objet du souhait, lequel ne porte aucune marque distinctive de l'optatit. De même, le conditionnel est rendu par un auxiliaire ou par une particule à laquelle s'attachent les pronoms. Les prépositions et les conjonc^ tions, loin d'être invariables, sont souvent suivies de particules pronominales, les mêmes que celles des verbes et des noms.
En résumé, si nous considérons cet essai de grammaire systé* matique, cette tentative de classifier les formes sous les noms adoptés dans la grammaire d'une langue indo* européenne, nous pouvons seulement constater que cette tentative prouve que la