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seulement qu'on ne pouvait pas encore formuler d'une manière définitive les règles de la syntaxe, mais de ce qu'ils avaient été jusqu'à soutenir que ces règles n'existaient pas. Mieux vaut, ajou* tait*il, avoir de mauvaises règles que de n'en point avoir. Vingt ans après, son point de vue avait totalement changé, car, dans sa grammaire, il n'y a aucune place pour la syntaxe. Le livre, pour employer son expression, n'est qu'un inventaire des formes par lesquelles les Egyptiens rendaient leurs idées, mais il n'y a nulle part de règle. La syntaxe, qu'il trouvait trop courte chez Birch. est totalement absente chez lui, et l'on peut dire que le principe sur lequel il se fonde est le même que celui d'E. de Rougé. c'est l'analyse, c'est la recherche de l'idée que traduit telle forme où tel genre de mot, mais ce n'est nullement la fixation de la loi qui im* pose une certaine forme ou un certain mot pour rendre cette idée. (1)
Pendant les dernières années de sa vie, Renouf avait vu surgir la grammaire allemande et tout le système de Berlin. Il est à peine nécessaire de dire qu'il y était violemment opposé. Déjà sur la question de la présence des voyelles dans l'alphabet, il nous dit : «Ce n'est pas une vérité, c'est une erreur de l'igno* rance que j'ai partagée moi*même il y a trente ans, avant de bien comprendre les faits, que d'affirmer que les sons#voyelles a, i, u, pour ne pas en mentionner d'autres, n'ont pas de représentants parmi les signes hiéroglyphiques», (2) Aussi, lorsqu'il parle de la transcription de l'école de Berlin, il s'exprime dans des termes d'une sévérité qui nous paraît exagérée, (3) quoique nous soyons loin d'adopter nous^méme cette transcription.
Il est certain qu'il aurait voulu avoir le temps d'exposer en détail un système grammatical en opposition à celui de Berlin
(1) Sest sur ce principe, qui est aussi le nôtre, qu'est fondée la courte grammaire du D'^ Budge « Egyptian languagc » laquelle énumère et décrit les formes et en démontre le sens par de nombreux exemples.
(2) Grammaire, 3. éd. p. IX.
(3) Parlant de son article «Egyptian phonology» qui date de 1889, il ajoute : It will at once explain how impossible it is for any one who has got beyond amateur notions of phonetic science, to acquiesce in the novel System of transcription adopted at Berlin (Gramm. p. X).
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qu'il appelle «erroné et destiné à n'avoir qu'un succès tempo* raire». Il reconnaît cependant que ces vues qu'il réprouve ont un caractère purement spéculatif et ne portent pas sur Tinter* prétation proprement dite. L'essentiel, en effet, est de reconnaître le sens exact d'un mot ou d'une phrase, peu importe le nom que vous donnez à ce mot, appelez*le nom, adjectif, ou pseudo* participe si vous voulez, le sens véritable n'en sera pas modifié. La mort a empêché Renouf d'accomplir la tâche qu'il s'était pro* posée, réfuter des théories qu'il considérait comme étrangères à l'égyptien et ne reposant pas sur les faits.
On voit que les divers grammairiens qui avaient succédé à Champollion étaient arrivés, en somme, à une conclusion identique, quoique formulée dans des termes différents. En égyptien il n'y a pas de catégories de mots séparés par la forme, rien ne dis* tingue le verbe du nom, il n'y a ni conjugaisons ni déclinaisons, lesquelles sont indiquées par des particules.
C'est à une conclusion tout analogue qu'arrive la grammaire la plus récente publiée en langue française, celle de M. Loret. Quoiqu'il intitule la seconde partie : phonétique et syntaxe, M. Loret montre d'abord la mobilité de l'orthographe : un mot peut revêtir de nombreuses formes au hasard des caprices des scribes, et dans le même texte il peut arriver que chaque fois qu'il est répété il est écrit d'une manière différente. Puis, passant à la syntaxe des mots, M. Loret expose avec beaucoup de finesse l'emploi de l'article, du nom, de l'adjectif, des auxiliaires, des particules, mais, sauf dans un ou deux cas, il n'en ressort pas une règle fixe dont le langage ne s'écarte pas. Dans le verbe, M. Loret reconnaît trois temps simples, mais il ajoute que les locutions temporelles sont fort nombreuses et qu'elles n'avaient évidemment dans l'esprit des Egyptiens d'autre but que de suppléer à l'insuffisance des temps simples. On pourrait objecter à M. Loret que ces temps simples n'en sont pas, les deux pre* miers sont formés par des particules pronominales qui pourraient tout aussi bien être rattachées à un nom, et qui ne sont donc pas spéciales au verbe. Quant au troisième, c'est une forme qui