‹ L'évolution de la langue égyptienne et les langues sémitiquesChapitre 38 sur 96 · Chapitre il · texte numérisé non relu

Chapitre il

sième édition remplace cette dernière phrase par celle#ci : «de même que dans les langues sémitiques, les voyelles ne sont pas indiquées. » S'agit#il des verbes ? On nous dit qu'ils diffèrent par le nombre et la nature des consonnes radicales, et que ces classes portent les noms habituels dans la grammaire sémitique.

Quelques années après, M. Sethe publiait son grand ouvrage sur le verbe. Pour l'auteur il n'y a pas de doute, l'égyptien est une langue sémitique, et cela paraît surtout dans deux caractères principaux, l'alphabet composé uniquement de consonnes, et les verbes à trois consonnes radicales, verbes dont le nombre est le plus considérable.

Quand parut ce travail, Erman prit aussitôt la plume pour en saluer la publication, dans un mémoire présenté à l'Académie de Berlin en 1900, sur la flexion du verbe égyptien, mémoire qui commence par ces mots : «Avec l'apparition de l'ouvrage de Sethe sur le verbe égyptien, les recherches sur la langue égyp* tienne sont arrivées sur un terrain solide.» «Lorsqu'on pense que maintenant nous connaissons la structure et l'histoire de cette langue, on peut de ce sommet jeter un regard satisfait sur le chemin parcouru pendant les vingt dernières années.»

Puis, avoir fait un exposé de la reconstruction du verbe telle que la présente Sethe. Erman examine les rapports qu'il y a entre l'égyptien et les langues sémitiques. Si précédemment on avait pu constater des points de contact entre l'ancien égyptien et les langues sémitiques, après le travail de Sethe cette constatation acquiert une nouvelle force, en tout premier lieu parce qu'il a reconnu que l'égyptien a autrefois été soumis à la loi singulière des thèmes à trois consonnes. Là où l'on peut constater des différences sérieuses entre les deux groupes de langues, il appa* raît maintenant qu'en égyptien ce sont de nouvelles formations qui ont pris la place des anciennes. Et même, quand, à première vue, le vocabulaire égyptien diffère profondément de celui des Sémites, de jour en jour il est prouvé plus clairement que ces différences ne sont qu'apparentes (scheinbar). Les consonnes cri* ginelles sont décomposées à un tel point qu'il n'est pas facile

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de retrouver la ressemblance avec les mots sémitiques ? Et, pour citer les mots même J'Erman : «Je ne crois donc pas être cou* pable d'exagération quand je déclare positivement que l'égyptien primitif (das Urâgyptische) est une langue sémitique qui, en raison de circonstances spéciales, s'est décomposée à un degré si extraordinairement fort que déjà il y a cinq mille ans elle avait perdu des formes de la conjugaison que les autres langues africaines apparentées ont conservées jusqu'à ce jour.» (1) On ne peut parler en termes plus positifs : l'égyptien est une langue sémitique, et ce qui pourrait en faire douter n'est qu'une appa# rence à laquelle il ne faut pas se laisser tromper. Il semble cepen* dant qu'ERMAN craigne d'avoir été trop loin, et qu'il éprouve le besoin de revenir en arrière et de retirer les mots mêmes qu'il a employés ; car dans la troisième édition de sa grammaire, après avoir cité les rapports de parenté qu'il y a entre l'égyptien et les langues sémitiques, parmi lesquels il cite les thèmes à trois consonnes, il ajoute ceci : qu'on se garde cependant de l'exa= gération qu'il y a à considérer la langue égyptienne simplement corrime un membre de la famille sémitique, et à la reconstruire dans un sens unilatéral. «On doit bien plutôt supposer que l'égyptien était tout aussi rapproché des langues berbères et de celles de l'est de l'Afrique,» desquelles, il est vrai, nous ne connaissons pas la forme aussi ancienne.

Il n'en est pas moins vrai que l'opinion qui prévaut mainte* nant chez un grand nombre de savants, surtout chez tous ceux qui directement ou indirectement se rattachent à l'école de Berlin, c'est que la plus grande découverte de la philologie égyptienne moderne consiste à classer définiment la langue égyptienne dans les langues sémitiques. Ce triomphe est dû à Erman et à Sethe. C'est un anthropologue qui parle ainsi (2) et cela confirme pour lui le caractère tout à fait non#africain des anciens Egyptiens. Erman n'a pas été jusque là, il considère l'égyptien comme une

(1) Die Flexion des àgyptischen Verbums, p. 34.

(2) Von LUSCHAN, Zur anthropologischen Stellung der alten Àgypter. Globus 1901.

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