‹ L'évolution de la langue égyptienne et les langues sémitiquesChapitre 41 sur 96 · Chapitre ii · texte numérisé non relu

Chapitre ii

finale i surtout dans les mots qui servent d'adjectif, par exemple lorsque >^.<=^^^^[| [j veut dire un porteur. Mais pour les grammai*

riens de Berlin, (|(j est j, et même c'est une double consonne, car c'est un redoublement de la consonnne [1 j ; il en résulte que dans bien des cas la lettre (lll doit être transcrite j[/ ou jej. Ainsi mlJO, que nous lisons mesi ou mosi doit se lire mosjej ou msjj (Erman.)

Erman nous dit qu'à la période la plus ancienne de la langue que nous puissions discerner, de même que dans les langues sémitiques, nous ne rencontrons presque que des verbes à trois consonnes ; on peut prouver que les verbes à deux ou à quatre consonnes sont tous des formations récentes. On se demande ce qu'ERMAx entend par cette période la plus ancienne à laquelle nous puissions remonter. Il est évident que ce n'est pas une période que nous connaissions par les textes, nous n'y arrivons que par le raisonnement; c'est une période purement théorique, constituée d'après l'idée qui est à la base du système, l'égyptien est une langue sémitique, et refaite à grand peine. Erman nous dit que la formation du verbe qui paraît avoir été très riche, est pour nous la plus difficile à reconstruire, car le copte n'a rien conservé de ces formes que l'infinitif et un parti* cipe, ce qu'il appelle le pseudo#participe.

On voit donc que cette reconstruction de la grammaire égyp* tienne, reconstruction qui, je ne songe pas à le nier, est le pro* duit d'une grande science, est quelque chose de purement arti* ficiel, c'est l'égyptien non pas tel qu'il est, c'est l'égyptien tel qu'il doit être. Cette base sémitique qu'il n'est pas permis de mettre en doute, et dont à grand peine on découvre quelques fragments épars, il n'en reste absolument rien en copte, ou, si l'on veut à toute force que le copte ait encore un pâle reflet sémitique, il faut alors jouer sur les ' mots et leur donner un sens qui ne se justifie que par les besoins de la cause, appeler les voyelles des consonnes ou des demi*consonnes, ou dire que Ml, MAI, qui cor* respond à 't»^^^ ou k..^^^ (1(1 est un mot à trois consonnes.

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Ce que je ne peux appeler autrement que l'imposante recons* titution du verbe égyptien telle que nous la présente Sethe en plus de 1500 paragraphes, est, nous ne saurions trop le répéter, quelque chose d'absolument factice, d'artificiel. C'est le verbe égyptien tel qu'il devrait être d'après les règles du verbe sémi» tique. C'est une langue égyptienne refaite d'après les principes de l'école de Berlin, et sur l'idée préconçue que l'égyptien est une langue sémitique. On pourrait presque à chaque page en donner la preuve par les transcriptions qui sont souvent doubles ; elles reproduisent ce qu'est le mot et ce qu'il devrait être.

Il nous est dit, par exemple, que les verbes à deux radicaux sont pour la plupart des verbes à trois radicaux qui en ont perdu un, en général lej final ou l'w, c'est à dire [lll ou V\. On en donne comme preuve la vocalisation de l'infinitif masculin en copte : ICDC, se hâter, qui a dû être à l'origine josej. A cela il y a à faire remarquer que le mot ICDC est appelé ici un infinitif, mais qu'il peut tout aussi bien être la forme personnelle précédée d'une préfixe, ou un nom précédé d'un article signifiant hâte, célérité, ou encore un adjectif. On ne sait pas pourquoi le mot est décoré du nom d'infinitif masculin, puisque rien dans la forme n'indique que ce soit un infinitif ni qu'il soit du genre masculin. Le contexte seul peut en faire un infinitif, et très probablement pourrait aussi bipn rendre le mot par un nom. Est#ce seulement quand il s'appelle un infinitif que le mot doit être complété de cette manière, ou aussi quand c'est un nom, un adjectif ou le verbe personnel ? autant de formes qu'il peut revêtir tout en restant invariable. D'ailleurs, en copte, ce n'est pas une, mais deux radi* cales qu'a perdues le mot, car dans ICDC I n'est pas la consonne initiale qui devrait être j et qui a disparu aussi bien au comment cément qu'à la fin. Dans le mot copte il ne reste qu'une radicale C. Voici maintenant le verbe laver (J/vaaaA. Nous ne savons y voir

r. I AAAAAA

que deux voyelles, (1 et s.^ — o. En copte, nous n'y trouvons pas autre chose, la première (1 est devenue 61 qui dans la pronon* ciation devenait un l, et qui alterne souvent avec I dans l'écriture.

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